Nos prédécesseurs nous ont légué un certain nombre de vieux dossiers qui de nos jours s’avèrent être problématiques. Ces “affaires” ont pour caractéristique de dresser un portrait bien peu éthique du Prophète, voire d’en donner une image fort négative. Ainsi, ceux qui aiment ne pas aimer l’Islam et son Prophète ne manquent pas de relayer ces cas en apparence problématiques. Or, en son temps, notre intelligentsia était en position dominante et nul ne pensait avoir à se justifier. Ceci, d’autant plus que le front d’opposition extérieur était peu et mal documenté, mais tel n’est plus le cas. Aujourd’hui, les musulmans vivent en un monde aussi nouveau que différent et il est légitime comme salutaire qu’ils s’interrogent sur ces vieilles affaires. Ces scandales visant la personne du prophète Muhammad sont autant de pierres dans nos chaussures pour avancer sereinement au présent et vers l’avenir.
– Notre propos concerne la compréhension classique des dix premiers versets introductifs de la Sourate 80 précisément nommée ‘abasa. Leur signification a été occultée par un récit traditionnel que nous nommerons “l’affaire ‘abassa”, épisode selon lequel le Prophète aurait eu un comportement injustifiable. Toutefois, nous allons démontrer que cette histoire indéfendable accusant le Prophète de petitesse et de bassesse d’esprit n’est qu’une fiction malheureuse née de l’imagination journalistique de nos anciens prédécesseurs. La démonstration qui va suivre est tirée du Volume 12 de notre Exégèse Littérale du Coran.
• Vs 1-10 : « Il se renfrogne, s’éloigne, [1] car à lui l’aveugle se présente ! [2] Le saurais-tu ? – peut-être qu’il se purifiera [3] ou réfléchira et que cette Édification lui bénéficiera ! [4] Quant à celui qui pense se suffire à lui-même, [5] voilà que tu lui prêtes attention. [6] Pourtant, tu n’es pas responsable du fait qu’il ne se purifie pas ! [7] Quant à celui qui vient à toi avec empressement, [8] empli de crainte, [9] voilà que tu le délaisses négligemment ! [10]»
عَبَسَ وَتَوَلَّى (1) أَنْ جَاءَهُ الْأَعْمَى (2) وَمَا يُدْرِيكَ لَعَلَّهُ يَزَّكَّى (3) أَوْ يَذَّكَّرُ فَتَنْفَعَهُ الذِّكْرَى (4) أَمَّا مَنِ اسْتَغْنَى (5) فَأَنْتَ لَهُ تَصَدَّى (6) وَمَا عَلَيْكَ أَلَّا يَزَّكَّى (7) وَأَمَّا مَنْ جَاءَكَ يَسْعَى (8) وَهُوَ يَخْشَى (9) فَأَنْتَ عَنْهُ تَلَهَّى (10)
Examinons objectivement “l’affaire ‘abassa”. Il est donc rapporté à l’envi une “circonstance de révélation” qui serait la cause déclenchante de la révélation de ces dix premiers versets. Nous l’avons dit, ce récit est dû à l’imagination journalistique de nos commentateurs et il est digne de la rubrique faits divers et potins mondains, voire ragots et cancanages, d’une gazette locale. Ainsi, selon eux, les mots débutant cette sourate concerneraient le Prophète et s’entendraient ainsi : « il [Muhammad] s’est renfrogné et il s’est détourné », traduction standard et autres que nous continuerons à citer pour les besoins de la réflexion à suivre. La raison en est alors donnée : « parce que l’aveugle est venu à lui », v2. Non pas parce que le Prophète n’aimait pas les aveugles, mais parce qu’à cet instant il était occupé à discuter avec des notables qurayshites pour les convertir à l’Islam, lesquels seraient désignés par les vs5-6 : « quant à celui qui se complaît dans sa suffisance (pour sa richesse) », bien que curieusement la formulation soit au singulier l’on va donc jusqu’à citer plusieurs noms : ‘Utba ibn Rabī‘a, Abū Jahl, al–‘Abbās ibn al–Muṭalib, Shayba ibn Rabī‘a, Abū Jahl, Ubayy ibn Khalaf, Umayya ibn Khalaf, al–Walīd ibn al–Mughayra, tous alors présentés comme des ennemis acharnés de l’Islam. Cet aveugle dont le nom nous est aussi généreusement donné : ‘Abdullah ibn Umm Maktūm serait ainsi qualifié : « celui qui vient à toi avec empressement tout en ayant la crainte », vs8-9. Insistant auprès du Prophète pour qu’il réponde à ses questions, il l’aurait agacé en venant de plus l’interrompre en pleine discussion-négociation. Celui-ci se serait alors renfrogné et détourné et l’aurait écarté, d’où : « tu ne t’en soucies pas », v10. C’est alors que Dieu lui révéla bien à propos ces dix versets décrivant supposément cette anecdote et par lesquels le Prophète se ferait vertement sermonner : Muhammad, tu as écarté ce pauvre aveugle de Ibn Umm Maktūm, or « qui te dit : peut-être [cherche]-il à se purifier ? » tandis que ces qurayshites qui sont tes ennemis « tu vas avec empressement à sa rencontre. Or, que t’importe qu’il ne se purifie pas [sic] », vs6-7. L’on notera que cette accusation est plus grave encore que la précédente, car elle suppose que le Prophète n’aurait rencontré ces élites mecquoises adversaires de sa mission que par intérêts personnels et non pas en vue de l’Islam.
– De fait, un tel récit est diffamatoire, car il laisse à penser que le Prophète ait pu flatter les puissants et mépriser les faibles, ce qui est inacceptable en regard de la grandeur d’âme du Prophète dont le Coran reflète de nombreux aspects et tout autant que cela le serait de la part de n’importe quel individu ! S’agissant de la grandeur et la douceur d’âme du Prophète nous pouvons citer le verset suivant : « c’est de par une miséricorde de Dieu que tu as fait preuve de souplesse à leur égard, car si tu avais été rude et dur de cœur ils se seraient dispersés loin de toi. Excuse-les, implore le pardon pour eux, et délibère avec eux quant au commandement, mais lorsque tu as pris ta décision, place toute ta confiance en Dieu ; Dieu, certes, aime ceux qui Lui font pleinement confiance. », S3.V159. Il nous est donc impossible de retenir ce récit accusateur salissant la mémoire de notre Prophète. Répétons-le, la discipline des circonstances de révélation ou asbāb an–nuzūl n’est absolument pas crédible, ce alors même qu’il s’agit d’un pilier du domaine exégétique dit improprement sciences du Coran/‘ulūm al–qur’ān. Pire, comme le signalait as–Suyūṭī, ce type de récits circonstanciels, sources extratextuelles s’il en est, est considéré comme la base la plus utile à la compréhension du Coran par le Coran/tafsīr al–qur’ān bi-l–qur’ān, c.-à-d. en intratextualité ! L’on se reportera à notre critique méthodologique de ces pseudo “circonstances de révélation” où nous rejetons leur fiabilité tout autant que leur intérêt pour comprendre le Coran par lui-même puisque ces fables n’ont été forgées, en toute circularité, que pour fournir un contexte soutenant une opinion préconçue et ne reflètent en rien ce à quoi le Coran est censé faire référence, cf. Vol. II : asbāb an–nuzūl : circonstances de révélation ou révélations de circonstance ?
– Les héritiers de cette accusation eurent alors pour mission de dédramatiser la situation et, à cette fin, nombre d’entre eux affirmèrent sans sourciller qu’un tel comportement n’était pas interdit du temps où le Prophète le commit, mais qu’il le fut seulement après la révélation de ces versets – on appréciera le sophisme. D’autres racontent, en guise d’excuses a postériori, qu’après la révélation de ces versets chaque fois que le Prophète rencontrait Ibn Umm Maktūm il le remerciait d’avoir été la cause de ces versets salutaires… Autre difficulté à laquelle ils eurent à se confronter : l’impeccabilité du Prophète, ‘iṣma, versus sa peccabilité, les partisans de l’un ou l’autre de ces dogmes s’étant affrontés sur le terrain mouvant de ce soi-disant épisode plaçant le Prophète dans une situation plus que problématique. Quoi qu’il en soit, du point de vue formel aucune des chaînes de transmission de cette information/khabar n’est authentifiée selon les critères propres aux hadîths. De plus, ‘Abdullah ibn Umm Maktūm est donné comme proche parent de Khadīja, l’épouse du Prophète, ce qui constituait deux raisons de plus pour que Muhammad le traite avec égards. D’une part, le plus grand respect était dû à la parenté, et qui plus est aux aînés. D’autre part, Ibn Umm Maktūm de par cette proximité familiale pouvait rencontrer le Prophète à loisir pour lui poser des questions alors que selon ces récits il était venu à un moment inadéquat. Ceci conduit à se demander en quoi un aveugle que ces traditions disent pauvre se serait permis de faire irruption dans une assemblée de notables qurayshites que l’on ne dérangeait pas aussi aisément. Si Ibn Umm Maktūm était aveugle, il n’était ni sourd ni idiot, et en entendant ce qui, supposément, se disait dans cette réunion il n’aurait sûrement pas trouvé opportun d’aller les interrompre pour poser, nous dit-on, des questions relatives au Coran. Autre point, Ibn Umm Maktūm était-il aveugle puisque les sources indiquent qu’il combattait avec l’armée des musulmans et qu’il trouva la mort lors de la bataille de al–Qādisiyyah ? Par ailleurs, il est affirmé selon ce récit que le Prophète discutait avec ces notables de Quraysh pour les convertir à l’Islam, la scène se passant donc tout au début de la révélation. Or, nul ne peut raisonnablement penser qu’à cette période très précoce l’Islam en tant que religion avait ne serait-ce que l’ombre d’une existence.
– Plus encore, l’on est en droit de se questionner quant aux raisons d’être d’une telle histoire qui, manifestement, rabaisse le comportement du Prophète. La plus ancienne mention de ce récit se trouve dans le Muwaṭṭā’ de l’imam Mālik, puis dans le Tafsīr de Muqātil ibn Sulaymān, soit vers la fin du IIe siècle de l’Hégire. Or, ce n’est qu’au IIIe siècle, sous l’influence des débats théologiques avec les mutazilites, que la notion d’infaillibilité du Prophète, ‘iṣma, est devenue progressivement un dogme. Auparavant, sur le modèle talmudique, il ne posait aucun problème que le Prophète ait pu adopter des comportements inconvenants sans que cela remette en cause la validité de sa mission. En l’occurrence, le goût de nos doctes pour l’anecdote illustrative l’emportait donc. Il est à noter que cette histoire n’est pas présente dans les Sîra antérieures au Muwaṭṭā’. Ainsi, ce récit a-t-il été conservé malgré le dogme naissant de l’infaillibilité, subsistant comme une séquelle textuelle. Nos théologiens sunnites ont dû, par la suite, faire assaut d’imagination pour justifier cette attitude que la Tradition avait attribuée au Prophète. Ainsi, par exemple, ar-Rāzī ou Ibn Kathīr ont-ils expliqué qu’il ne s’agissait pas d’un péché, mais d’un simple choix de priorité, le Prophète pensant sincèrement que convertir les chefs de Quraysh sauverait l’âme de milliers de personnes, alors que l’aveugle était déjà sauvé par sa foi… Nous soulignerons enfin que les chiites ne validèrent pas que le Prophète ait pu ne pas être impeccable, dogme qu’ils avaient intégré et étendu à leurs propres Imams. Il leur fut alors presque facile de reprendre la trame de ce même récit, mais en mettant en cause non plus le Prophète, mais ‘Uthmān ibn ‘Affān, le calife tant honni qui pour eux avait usurpé le titre de ‘Alī. L’on aura aussi noté que cette situation montre clairement que les “circonstances de révélation”, comme les hadîths, sont des armes que chaque camp est capable de forger pour mener son propre combat. L’exégèse du Coran devient dès lors le reflet de cette lutte, et la compréhension du Coran la victime de ces enjeux.
– Au final, nous aurons constaté que les sources à l’origine de ce marécage nauséabond où nous trouvons bon ton de tremper la mémoire du Prophète étaient totalement polluées. Nous rappellerons en conclusion que l’analyse littérale des vs1-10 a mis au jour une compréhension bien différente parfaitement logique et cohérente apparaissant à fleur de texte. Nul besoin par conséquent de reconstituer fictivement une scène de crime puisqu’il n’y a pas eu meurtre. Nul besoin de faux alibi puisque ce à quoi le Coran prétend est en réalité textuellement explicite.
– De principe, comme confirmé par ce cas, il convient d’écarter de nos esprits cette vision, d’oublier cette scène de théâtre et le théâtre de la scène, afin de considérer à nouveau ce texte coranique pour ce qu’il est : un texte qui délivre par lui-même sa propre information. Il convient donc d’écarter la “circonstance de révélation” qui obscurcit la ligne de sens de ces versets. L’on observe alors que quatre types de personnage y sont mis en évidence et que le propos s’adresse directement à un interlocuteur : « toi ».
– L’on relève donc la mention de celui qui ne voit pas : « l’aveugle/al–a‘mā », v2 ; le suffisant : « celui qui pense se suffire à lui-même/man istaghnā » ; le quêteur : « celui qui vient à toi avec empressement, empli de crainte », vs8-9. Outre ces trois, il y a « toi/tu » dont le comportement est sévèrement critiqué : « il se renfrogne/‘abasa, s’éloigne/tawallā », v1 ; « quant à celui qui pense se suffire à lui-même, voilà que tu lui prêtes attention. », vs5-6 ; « voilà que tu le délaisses négligemment », v10. Nous rappellerons qu’en arabe le tutoiement et la troisième personne du singulier sont la forme rhétorique du discours impersonnel : « lui », ou « on ». De même, le fait que notamment les verbes ‘abasa/il s’est renfrogné et tawallā/il s’est éloigné sont en apparence formulés au passé témoigne seulement d’un usage courant très fréquent dans le Coran où le mode passé correspond à un présent continu. Enfin, il y a un sujet : la propagation, la diffusion, la communication de « cette Édification/adh–dhikrā », l’article al/adh prenant contextuellement sa valeur de pronom démonstratif « cette/ce ». L’Édification en question est manifestement le Coran comme le Paragraphe 1 en témoigne.
– L’on aura donc relevé la présence de quatre personnages paradigmatiques : l’aveugle, le suffisant, le quêteur de vérité, le propagateur du Coran. Le premier est dans le noir et sans repères ni solutions, l’agnostique dirait-on de nos jours ; le second est dans l’obscurité de sa propre suffisance, c’est le dénégateur egolâtre, de nos jours bien souvent l’athée. Le troisième voit la lumière et cherche à se diriger vers elle, c’est le croyant qui a reconnu que Dieu est son Seigneur et cherche Son Message. Le quatrième est le transmetteur croyant qui cherche à faire connaître le message du Coran. Ainsi, cette introduction témoigne d’une activité de diffusion du Coran en milieu ouvert, mais sans que l’on puisse textuellement préciser si ceci se passe à La Mecque ou à Médine ; nous verrons plus avant que le lien avec la Sourate 73 situe ce propos à Médine. De plus, logiquement, dans les premiers temps de la révélation du Coran il incombait directement au Prophète de transmettre les révélations au fur et à mesure qu’il les recevait et nous avons souligné que ce n’était pas lui qui était ici visé, mais ses fidèles en leur activité prosélyte de propagation du Coran.
– Par ailleurs, les types d’individus mentionnés en ces versets outre leur classification théologique correspondent de manière sous-jacente à des catégories composant la société, dans l’ordre : l’ignorant, le prétentieux, celui qui cherche, le croyant. Or, comme de règle, la Conclusion de la sourate reprend sous certains aspects le thème évoqué en l’Introduction, l’on constate alors qu’il y est fait référence à la rupture des relations sociales : « ce Jour-là chacun d’entre eux ne sera concerné que par sa propre situation », v37, et que de fait « tout individu fuira son frère, sa mère, son père, sa compagne, ses fils », vs34-36. Thématiquement, ce tissu social, ici le cercle proche familial, est considéré sous l’angle de la diffusion du message coranique : l’« Édification/adh–dhikrā », v4. Cette relation à la propagation du Coran concerne au-delà du cercle interne le cercle externe : la société en laquelle vit le croyant en Dieu par l’intermédiaire du Coran. C’est donc à lui que cette Introduction s’adresse afin de corriger ses erreurs de jugement quant à la stratégie qu’il suit pour faire connaître le Message ; à savoir :
– Premièrement, en se détournant de « l’aveugle », c.-à-d. la personne qu’il pense être dans l’incapacité de comprendre quoi que ce soit au Message. Il lui est donc fait observer : « le saurais-tu ? – peut-être qu’il se purifiera/tazakkā ou réfléchira et que cette Édification lui bénéficiera », vs3-4.
– Deuxièmement, en donnant la priorité au dénégateur : « celui qui pense se suffire à lui-même », v5, en estimant qu’il a besoin de ses lumières alors que de principe il s’agit du pire récalcitrant puisqu’il est persuadé que son déni est la seule vérité : « pourtant, tu n‘es pas responsable du fait qu’il ne se purifie pas », v7. Ceci ne signifie pas que les dénégateurs n’ont pas à être informés du message coranique, tout au contraire le Coran au temps de sa révélation ne cesse de le faire, mais qu’en réalité cet aspect relève en l’occurrence du plan de Dieu et non d’une stratégie prosélyte, qui tout en devant être un objectif, ne doit pas pour autant être considérée comme une absolue priorité dont il faut attendre des résultats dans l’immédiat. Ceci signifie que Dieu est Celui qui a principalement à charge ce qu’Il sait advenir, et qui est advenu : l’adhésion de l’Arabie idolâtre au message coranique ; ce qui suppose que d’autres évènements et contingences ont été mis en action pour parvenir à ce résultat. Par suite le Message, le Coran, ne cessera de se propager.
– Troisièmement, en négligeant « celui qui vient à toi avec empressement, empli de crainte », vs8-9. En d’autres termes, celui qui a déjà une connaissance de Dieu et qui cherche à entendre et comprendre le nouveau Message bien que tu penses, par préjugés, qu’il soit inutile de l’informer davantage, celui-là : « voilà que tu le délaisses négligemment », v10. Ceci concerne a priori et logiquement les croyants d’autres religions monothéistes tels les juifs, les chrétiens, les zoroastriens, les mandéens, les sabéens ; dans le Coran leur présence est mentionnée tant à La Mecque qu’à Médine.
• Conclusion
Nous aurons pu constater que le sujet de ces dix versets introductifs n’était en rien un règlement de compte entre Dieu et son Prophète pour faute grave de comportement. Le propos ne relève pas non plus de la conversion à l’Islam contrairement à ce que colportent les prétendues “circonstances de révélation”, mais de la diffusion du Coran au temps du Prophète avec un rappel à l’ordre sur les mauvaises attitudes et conduites en la matière ; ceci vaut donc pour tous les temps. Par conséquent, nous formulerons ainsi le thème de cette Sourate 80 : de la Communication du Message. L’on notera que le thème de cette sourate est complémentaire de celui présenté par la Sourate 73 : De la préservation du Message.
– Soulignons-le à nouveau, nous avons mis en évidence quatre types d’individus mentionnés en ces versets, lesquels, outre leur classification théologique, correspondent de manière sous-jacente à des catégories composant la société, dans l’ordre : l’ignorant, le prétentieux, le quêteur, le croyant. Le quatrième acteur est celui à qui s’adresse directement cette sourate : le croyant qui a à cœur de communiquer le Message du Coran et à qui sont indiquées en ce passage les erreurs de jugement à ne pas commettre quant à la transmission du message coranique au sein de la société.
Dr al Ajamî

