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Nous avons consacré une série de quatre articles à l’étude de la prière, dont l’ordre préférentiel de lecture est le suivant : 1- La prière selon le Coran ; 2- La prière obligatoire selon le Coran et en Islam ; 3- Les heures de prière selon le Coran et en Islam ; 4- La prière, la Sunna et la prière du Prophète.

Lors du deuxième article, nous avons démontré qu’en réalité, même si la prière était fortement recommandée aux croyants, le Coran ne l’avait pas pour autant rendue obligatoire pour tous les musulmans. Nous avons de même montré que cette position coranique était parfaitement cohérente, puisque le Coran ne confère à la prière que des vertus éthiques et spirituelles, éducation de l’âme, de soi, qui ne peuvent effectivement être bénéfiques que si l’on prie avec sincérité. L’approche défendue par l’Islam est différente, il reconnaît essentiellement à la prière une propriété absolutoire : accomplir la prière efface les péchés commis. Sous cet angle, il est logique que l’Islam ait rendu la prière obligatoire, la sincérité n’étant pas alors nécessairement un élément requis. Il suffit d’accomplir la prière en forme et en temps pour bénéficier de cette remise des péchés. Ce n’est point là bien évidemment le point de vue du Coran, pour cette discussion, voir : La prière selon le Coran. Néanmoins, l’incitation coranique et l’impératif islamique se rejoignent quant à la détermination de certains temps quotidiens consacrés à la prière. Mais, comme nous venons de le rappeler, étant donné que les intentions du Coran et de l’Islam divergent en matière de prière, il convient de vérifier en quelle mesure islam-relation coranique et islam-religion convergent quant aux heures de prière.

 

• Que dit l’Islam

La position de l’Islam est claire, la prière en tant qu’acte d’adoration est le principal pilier de l’Islam. Elle est obligatoire, mais il est tout autant obligatoire de l’accomplir cinq fois par journée et aux temps déterminés suivants : à l’aube/al–fajr, en milieu de journée/aẓ–ẓuhr, dans l’après-midi/al–‘asr, au crépuscule/al–maghrib et dans la nuit/al–‘ishâ’. En dépit des nombreuses divergences d’Écoles, il y a là trois obligations : la forme/la prière, le nombre/cinq, le temps/les horaires. L’unique argument coranique pour la forme et le temps est S4.V103. Or, l’Analyse littérale de ce verset met en évidence la surinterprétation manifeste dont il a fait l’objet et démontre que ce verset ne rend obligatoire ni la prière ni la notion de temps déterminés, voir : La prière obligatoire selon le Coran et en Islam. Aussi, l’Islam se fonde-t-il comme à l’accoutumée essentiellement sur une profusion de hadîths, véritables pierres de construction de l’édifice Islam, sur ce point structurel et historique, confer Le (terme) islâm selon l’Islam et aussi La Sunna selon le Coran et en Islam, fonction et mission du Messager.

 

• Que dit le Coran

Quoi qu’il en soit, le Coran indique manifestement des moments propices au recueillement par la prière :

1 – Les versets mentionnant conjointement deux temps de prière

Ce sont les plus nombreux :

– « …célèbre louange par la Louange de ton Seigneur avant le lever du Soleil/ṭulû‘u–sh–shams et avant le couchant/al–ghurûb ».[1]

– « Persévère donc, la promesse de Dieu est une vérité, demande le pardon de ton péché et louange par la Louange de ton Seigneur au crépuscule/al‘ashiyyi et à l’aurore/al–ibkâr ».[2] Pour la formulation « célèbre louange par la Louange de ton Seigneur » comme désignant l’essence de la prière, voir : La prière selon le Coran.

 –  « En les temples dont a permis Dieu l’élévation et qui soit invoqué Son nom, le célèbrent, au petit matin/al–ghuduwwi et le soir/al–aṣâl, des hommes que rien ne distrait… »[3]

– « …célèbre donc par la Louange de ton Seigneur lorsque tu te lèves, et dans la nuit/ilâ–l–layl célèbre-Le, et au déclin des étoiles. »[4] Il a été proposé d’entendre la locution « lorsque tu te lèves » comme indiquant le fait de prier à son lever, c’est-à-dire le matin. Mais cette compréhension pose problème, car, en ce cas, l’expression « au déclin des étoiles » serait un doublon, l’on ne peut donc que comprendre :  « lorsque tu te lèves/taqum [pour prier] ». Sont ainsi mentionnées en ce verset la prière du matin : « au déclin des étoiles » et celle « dans la nuit/ilâ–l–layl ».

– « Accomplis la prière entre le coucher/dulûk du soleil et l’entrée/ghasâq de la nuit ainsi que la récitation/qur’âna de l’aube/al–fajr ; certes, la récitation de l’aube a des témoins. »[5]

– « Ô croyants ! Que vous demandent permission [d’entrer] vos esclaves ainsi que vos enfants impubères par trois fois : avant la prière de l’aube/ṣalât al–fajr, lorsque vous retirez vos habits en plein midi/ẓahîra et après la prière de la nuit/ṣalât al–‘ishâ’, ce sont là pour vous trois occasions de nudité…»[6] Ce verset ne cite expressément que deux prières. Cependant, curieusement, parce que l’Exégèse s’est beaucoup évertuée à trouver mention coranique des prières durant la journée, l’on a parfois prétendu que ce verset faisait allusion  à la prière du milieu de la journée dite aẓ–ẓuhr. À l’évidence, pour le texte coranique il ne s’agit là que d’une allusion au fait de se dévêtir lors de la sieste de midi/ẓahîra, la préservation de l’intimité étant le sujet unique de ce verset. Nous ferons observer que l’induction herméneutique voulue par l’exégèse joue sur la mention du chiffre trois : « par trois fois » qu’elle fait assimiler à la notion/mention de trois prières

Une première remarque de synthèse s’impose : si tous ces versets ne citent que deux prières chacun, les appariements varient et c’est au final un total de trois prières mentionnées : celles de l’aube, du couchant et de la nuit. Ensuite, l’on constate qu’il est employé une grande variété d’expression désignant ces trois temps de prière :

– Pour la prière de l’aube : avant le lever du Soleil/ṭulû‘u–sh–shams ; l’aurore/al–ibkâr ; le petit matin/al–ghuduwwi ; le déclin des étoiles/idbâr an–nujûm ; l’aube/al–fajr.

– Pour la prière du couchant : avant le couchant/ghurûb du soleil ; le crépuscule/al–‘ashiyyi ; le soir/al–aṣâl ; entre le coucher/dulûk du soleil et l’entrée/ghasâq de la nuit.

– Pour la prière de la nuit, l’on ne retrouve logiquement qu’une seule indication : dans la nuit/ilâ–l–layl.

À bien lire, ces différents termes ne sont pas synonymes, mais par ce moyen simple sont donnés les limites inférieures et supérieures des périodes destinées à la prière, ex : le temps de la prière du matin va de l’aube/al–fajr à l’aurore/al–ibkâr. Ceci indique raisonnablement et pragmatiquement une souplesse certaine quant au moment où le croyant sera en mesure de prier. Au final, l’on note que les trois prières mentionnées en ces nombreux versets ne situent jamais le jour, mais entre la fin de la journée et son début.

2 – Les versets mentionnant trois temps de prière

– « … Loue par la Louange de ton Seigneur avant le lever du soleil/ṭulû‘u–sh–shams, avant le couchant/al–ghurûb, dans la nuit/al–layl célèbre Sa louange et aux extrêmes de la prosternation. »[7]

– « Invoque le nom de ton Seigneur matin/bukratan et soir/aṣîlan et dans la nuit/min al–layl, alors/fa prosterne-toi devant Lui et loue-Le la nuit longuement.»[8] Il pourrait ici être désignés en apparence quatre temps de prière, mais, syntaxiquement, la présence de la préposition de coordination fa/alors implique que le segment « prosterne-toi devant Lui et loue-Le la nuit longuement » soit un commentaire de la première partie de phrase. Aussi, le « prosterne-toi devant Lui » confirme, d’une part, que par « invoque le nom de ton Seigneur » c’est bien le fait de prier qui est mentionné en ce verset et, d’autre part, que le segment « loue-Le la nuit longuement » est un complément d’information concernant la prière « dans la nuit ». Trois temps de prière sont donc ici mentionnés : « matin/bukratan et soir/aṣîlan et dans la nuit/min al–layl ».

– « …et loue par la Louange de ton Seigneur avant le lever du soleil/ṭulû‘u–sh–shams et avant son couchant/ghurûb ainsi qu’à partir du temps/ânâ’i de la nuit/al–layl. Alors/fa, célèbre aux extrémités/aṭrâf du jour ; puisses-tu obtenir satisfaction !  »[9] Ce verset mentionne les trois temps de la prière jusqu’à présent identifiés : aube, couchant, nuit. Cependant, la deuxième phrase a posé problème, car le terme aṭrâf/extrémités est apparemment un pluriel. Or, en S11.V114, verset similaire, voir infra, l’on trouve, non pas le pluriel aṭrâf, mais son duel ṭarafiya, ce qui permet d’en déduire que le pluriel aṭrâf est ici un pluriel dit de paucité/jam’u–l–qilla valant donc pour le duel ṭarafiya/les deux extrémités, autrement dit les temps de la prière de l’aube et du couchant. Par ailleurs, comme l’Exégèse parfois l’affirme, la deuxième phrase : « alors/fa, célèbre aux extrémités/aṭrâf du jour » n’évoque pas deux prières supplémentaires puisqu’elle est introduite par la copule fa/alors et que ce procédé anaphorique est destiné à insister sur la valeur de deux des moments de prière cités : « avant le lever du soleil et avant son couchant », comme cela a été fait pour la prière de nuit au verset cité précédemment.

– « Accomplis la prière aux deux extrémités/ṭarafiya du jour et aux abords/zulaf de la nuit/al–layl ; certes les bonnes actions repoussent les mauvaises… »[10] Sans conteste, l’expression les « deux extrémités/ṭarafiya du jour » correspond aux prières de l’aube et du couchant. Le terme zulfa signifie en arabe toute heure à l’approche du jour ou de la nuit, mais la variante zulaf présentée par la recension Ḥafṣ pose problème, car que ce soit un pluriel vrai ou de paucité, l’on ne comprend pas quelles prières ce terme désignerait en plus de la prière « de la nuit/al–layl ». Or, l’autre variante de récitation authentifiée est zulufan, de sens équivalent, mais au singulier, ce  qui lève alors toute équivoque et correspond bien à la prière de nuit.[11] Ce verset désigne donc trois prières : celles de l’aube, du couchant et de la nuit.

3 – Un verset qui semblerait indiquer quatre ou cinq prières

 – « Transcendance de Dieu/subḥâna–llâh quand vous êtes au soir/tumsûna et quand vous êtes au matin/tuṣbihûna, à Lui la Louange en les cieux et la terre, et la nuit venue/ashîyan et quand vous êtes en plein midi/tuẓhirûna.»[12] Ce verset a fait l’objet d’une forte spéculation exégétique, car il est le seul dans le Coran qui mentionnerait en apparence plus de trois périodes de temps, ce qui a amené l’Exégèse a vouloir les rattacher aux temps prières. À cette fin, un premier glissement de sens a été commis concernant la locution du segment introductif : subḥâna–llâh qui, dans les traductions fidèles à l’Exégèse, est rendue par : « Glorifiez Dieu », impératif qui pourrait alors signifier : faites la prière. Or, en cette locution, subḥâna n’est pas un verbe, mais un nom d’action qui en annexion grammaticale avec le nom Allâh peut être rendu par  transcendance de Dieu ou Gloire à Dieu. C’est donc consciemment pour l’exégète et inconsciemment pour le lecteur qu’a été générée la confusion avec le verbe sabbaḥa/louer, célébrer Dieu qui, nous l’avons vu, signifie effectivement dans le Coran prier. Sans cette agression textuelle, il n’est manifestement pas question en ce verset de prière, mais de glorification de Dieu en  « les cieux et la terre » par la « Louange » universelle/al–ḥamd.[13] Selon la lettre de ce verset, il est donc évoqué en ce contexte quatre moments divers qui couvrent l’ensemble d’une journée, c’est dire que Dieu en sa transcendance est en permanence louangé par Sa « Louange ». Malgré cette manipulation, ce verset ne mentionnait que quatre moments de la journée différents : soir, matin, nuit, midi. Il fut donc décidé que par l’évocation du soir/ḥîna tumsûna il fallait comprendre deux prières : celles du soir et de la nuit. Cette proposition est lexicalement intenable puisque nous avons vu que le temps de la prière nocturne est toujours indiqué par le mot layl. Ce faisant, les exégètes furent de plus dans l’obligation de décréter que le terme ashîyan/la nuit venue désignerait l’après-midi pour ainsi faire apparaître la prière dite de l’après-midi bien qu’en arabe la racine ‘ashâ et l’ensemble de ses dérivés ne s’appliquent qu’aux activités nocturnes ! [14] Si l’on oublie l’ensemble de ces manipulations exégétiques, littéralement ce verset n’évoque en réalité aucun temps de prière, mais la «Transcendance de Dieu » célébrée par « les cieux et la terre ».

4– Un verset qui semblerait parler d’une prière en journée

L’activité exégétique est sans nul doute postérieure à la mise en place des éléments constitutifs de l’Islam. Ceci explique que les exégètes face à un Coran qui manifestement ne mentionne jamais explicitement l’obligation de prier cinq fois par jour s’évertuèrent à lui faire avouer ce que l’Islam soutenait uniquement à partir du Hadîth. Le verset précédent illustre bien cette démarche a posteriori, mais le verset à suivre plus encore, en voici la traduction standard : « Soyez assidus aux prières et surtout à la prière médiane ; et tenez-vous debout devant Dieu, avec humilité. »[15]

En cette perspective exégétique, l’exploitation de la locution « la prière médiane » a donné lieu à la production de 223 avis, propos et hadîths relatifs à la détermination de ladite « prière médiane ». Cependant, bien que de nombreuses prières ait été ainsi candidatées,[16] il a été retenu de manière majoritaire qu’il s’agissait là de la prière de l’après-midi dite al–‘aṣr, car elle se trouve au milieu/fî–l–wustâ, c’est-à-dire entre deux prières canoniques la précédant et deux la suivant. Nous ferons observer que par définition toute prière se trouve entre deux prières la précédant ! Ceci étant, l’ensemble de ces spéculations n’est rendu possible que par une décontextualisation majeure de notre v238. En effet, ce verset s’inscrit au sein d’un long chapitre coranique, vs220-242, envisageant diverses mesures relatives à la question des droits de l’épouse. Dans ce cadre, l’on note alors que le v240 est relatif au testament/waṣiyya en faveur des épouses : « ceux d’entre vous dont la fin est proche, laissant des épouses, doivent laisser un testament/waṣiyya en faveur de leurs épouses… »[17] À moins que notre v238 ne soit “tombé du ciel” à la mauvaise place, il ne peut donc se comprendre qu’en fonction de ce qui le précède et de ce qui le suit. Le sujet est alors évident puisqu’il est indiqué par ailleurs que ledit testament doit être fait devant témoins : « Ô croyants ! Lorsque se présente à l’un de vous la mort, témoignage entre vous lors du testament/waṣiyya par deux personnes intègres des vôtres, ou non, s’il advient que vous parcouriez le monde et que l’épreuve de la mort vint à vous atteindre, vous les retiendrez après la prière»[18] Ainsi, s’explique la mention de la prière en notre v238, il s’agissait de dire que puisque pour garantir la fiabilité des témoins du testament « vous les retiendrez après la prière », alors ḥâfiẓû ‘ala–ṣ–ṣalâwat,[19] ce qui se comprend donc mot à mot par « observez attentivement les prières », c.à.d. la prière de ceux qui prient,  et non pas par « soyez assidus aux prières » comme l’exégèse décontextualisée l’a imposé. Cette recommandation coranique est immédiatement explicitée par le syntagme wa–ṣ–ṣalâtu–l–wusṭâ qui signifie alors mot à mot : « et la prière du juste milieu/wusṭâ[20] ». C’est-à-dire une prière équilibrée ;  ni trop longue, car l’ostentation dévoile l’insincérité, ni trop courte, car la négligence dénote le manque de sérieux. Les témoins ainsi retenus « apprêtez-vous à vous conformer sincèrement à Dieu »,[21] c’est-à-dire à dicter votre testament/waṣiyya. Notre v238 se lit donc en réalité : « Observez attentivement les prières et la prière du juste milieu, et apprêtez-vous à vous conformer sincèrement à Dieu ».

De même, l’Analyse contextuelle permet de mettre au jour le Sens littéral du v239, car en S5.V106, verset référent ci-dessus cité, il est dit : « s’il advient que vous parcouriez le monde », notion que l’on retrouve alors logiquement au v239 : « Si vous craignez, que vous soyez à pied ou montés, alors, quand vous serez en sécurité, rappelez-vous de Dieu en ce qu’Il vous a enseigné ce que vous ne saviez point. »[22] Propos qui est donc sans rapport avec la prière dite de la peur/ṣalât al–khawf comme l’Exégèse l’entend selon sa propre logique, mais qui signifie contextuellement : s’il se trouve « que vous parcouriez le monde et que l’épreuve de la mort vient à vous atteindre », ceci « que vous soyez à pied ou montés », et si « vous craignez » de ne point pouvoir faire en ces conditions votre testament, « alors, quand vous serez en sécurité rappelez-vous de Dieu », c’est-à-dire rappelez-vous ce que Dieu « vous a enseigné » et «  que vous ne saviez point », à savoir : faire ledit testament/al–waṣiyya. Au final, en dehors du miracle herméneutique exégétique en vigueur, S2.V238 est sans aucun rapport avec un quelconque temps de prière, mais avec une manière de sélectionner des témoins potentiellement fiables, comme indiqué en S5.V106 ci-dessus mentionné.

 

Conclusion

Aussi déroutant que cela puisse paraître, aucun verset du Coran ne mentionne ni explicitement ni implicitement la pratique de cinq prières quotidiennes. Pour autant, à de nombreuses reprises, sont expressément cités trois temps de prière : au matin, au couchant, la nuit. Bien évidemment, rien n’empêche de prier en tout temps et tous lieux puisque la prière n’est pas pour le Coran une obligation canonique. Cependant, ces moments recommandés ont pour caractéristique commune d’être situés en période nocturne. Ce sont là des instants propices au recueillement, car n’interférant généralement pas avec l’activité d’ici bas et n’étant pas perturbés par celle-ci.[23] Cette perspective coranique donne à la prière une dimension plus personnelle, plus intimiste, plus pragmatique aussi. Le besoin de prier, l’élan spirituel que cela suppose, la sincérité que cela exige ne sont pas des notions nécessairement tributaires du temps, mais de la disponibilité intérieure. En cela, la nuit est sans nul doute le cœur secret de l’intime relation à Dieu par la prière.

Dr al Ajamî

 

[1] S50.V39 : « سَبِّحْ بِحَمْدِ رَبِّكَ قَبْلَ طُلُوعِ الشَّمْسِ وَقَبْلَ الْغُرُوبِ …»

[2] S40.V55 : « فَاصْبِرْ إِنَّ وَعْدَ اللَّهِ حَقٌّ وَاسْتَغْفِرْ لِذَنْبِكَ وَسَبِّحْ بِحَمْدِ رَبِّكَ بِالْعَشِيِّ وَالْإِبْكَارِ »

[3] S24.V36-37 :

«… فِي بُيُوتٍ أَذِنَ اللَّهُ أَنْ تُرْفَعَ وَيُذْكَرَ فِيهَا اسْمُهُ يُسَبِّحُ لَهُ فِيهَا بِالْغُدُوِّ وَالْآَصَالِ (36) رِجَالٌ لَا تُلْهِيهِمْ تِجَارَةٌ وَلَا بَيْعٌ »

[4] S52.V48-49 : « وَسَبِّحْ بِحَمْدِ رَبِّكَ حِينَ تَقُومُ (48) وَمِنَ اللَّيْلِ فَسَبِّحْهُ وَإِدْبَارَ النُّجُومِ …»

[5] S17.78 : « أَقِمِ الصَّلَاةَ لِدُلُوكِ الشَّمْسِ إِلَى غَسَقِ اللَّيْلِ وَقُرْآَنَ الْفَجْرِ إِنَّ قُرْآَنَ الْفَجْرِ كَانَ مَشْهُودًا »

[6] S24.V58 :

« … يَا أَيُّهَا الَّذِينَ آَمَنُوا لِيَسْتَأْذِنْكُمُ الَّذِينَ مَلَكَتْ أَيْمَانُكُمْ وَالَّذِينَ لَمْ يَبْلُغُوا الْحُلُمَ مِنْكُمْ ثَلَاثَ مَرَّاتٍ مِنْ قَبْلِ صَلَاةِ الْفَجْرِ وَحِينَ تَضَعُونَ ثِيَابَكُمْ مِنَ الظَّهِيرَةِ وَمِنْ بَعْدِ صَلَاةِ الْعِشَاءِ ثَلَاثُ عَوْرَاتٍ لَكُمْ »

[7] S50.V39-40 : « وَسَبِّحْ بِحَمْدِ رَبِّكَ قَبْلَ طُلُوعِ الشَّمْسِ وَقَبْلَ الْغُرُوبِ (39) وَمِنَ اللَّيْلِ فَسَبِّحْهُ وَأَدْبَارَ السُّجُودِ… »

[8] S76.V25-26 : « وَاذْكُرِ اسْمَ رَبِّكَ بُكْرَةً وَأَصِيلًا (25) وَمِنَ اللَّيْلِ فَاسْجُدْ لَهُ وَسَبِّحْهُ لَيْلًا طَوِيلًا »

[9] S20.V130 : «سَبِّحْ بِحَمْدِ رَبِّكَ قَبْلَ طُلُوعِ الشَّمْسِ وَقَبْلَ غُرُوبِهَا وَمِنْ آَنَاءِ اللَّيْلِ فَسَبِّحْ وَأَطْرَافَ النَّهَارِ لَعَلَّكَ تَرْضَى …»

[10] S11.V114 : «… وَأَقِمِ الصَّلَاةَ طَرَفَيِ النَّهَارِ وَزُلَفًا مِنَ اللَّيْلِ إِنَّ الْحَسَنَاتِ يُذْهِبْنَ السَّيِّئَاتِ »

[11] Puisque nous suivons de principe la recension Ḥafṣ, le choix de notre « aux abords de » permet de rendre les deux variantes simultanément. Par ailleurs, l’on déduit de cette levée de l’équivoque que la récitation originelle est zulufan puisque de principe le texte coranique est explicite, sur ce point, voir : Les cinq postulats coraniques du Sens littéral. Néanmoins, la présence de cette variante est volontaire et le fait de réciter zulaf est ici la trace de l’emprise exégétique sur le texte coranique. En effet, en imposant ce pluriel, l’on a pu supposer qu’il désignait les trois prières dites de nuit : couchantnuit, aube,  ce qui permettait alors d’imaginer, sans preuve, que les « deux extrémités/ṭarafiya du jour » seraient le début et la fin de l’après-midi. Ce petit tour de passe-passe exégétique permet ainsi de faire apparaître bon gré mal gré en ce verset les cinq prières ordonnées par l’Islam. Pour notre explication des variantes exégétiques, voir : Les variantes de récitation ou qirâ’ât.

[12] S30.V17-18 : « فَسُبْحَانَ اللَّهِ حِينَ تُمْسُونَ وَحِينَ تُصْبِحُونَ (17) وَلَهُ الْحَمْدُ فِي السَّمَاوَاتِ وَالْأَرْضِ وَعَشِيًّا وَحِينَ تُظْهِرُونَ »

[13] Sur la notion de Louange universelle, voir : La prière selon le Coran.

[14] À titre d’exemple, il est bien connu que al–‘ashâ’ désigne le repas pris la nuit : le souper.

[15] S2.V238 : « حَافِظُوا عَلَى الصَّلَوَاتِ وَالصَّلَاةِ الْوُسْطَى وَقُومُوا لِلَّهِ قَانِتِينَ »

[16] Certains hadîths affirment qu’il s’agit de la prière de l’aube, al–fajr, ou bien celle du milieu de la journée, aẓ–ẓuhr. L’enjeu dut sembler de taille puisque l’on recense aussi une qirâ’a/variante de récitation : wa–ṣ–ṣalâti–l–wusṭâ wa hiya–l–‘aṣru/et la prière médiane, et c’est al–‘asr, laquelle atteste des tentatives d’inscription in texto de l’avis majoritaire. Une autre vise un compromis et s’énonce : « wa–ṣ–ṣalâti–l–wusṭâ wa–ṣ–ṣalâti–l–‘aṣri/et la prière médiane et al–‘asr ». Ces deux variantes modifiant sérieusement la ligne consonantique du texte n’ont toutefois pas été validées…

[17] S2.V240 : « وَالَّذِينَ يُتَوَفَّوْنَ مِنْكُمْ وَيَذَرُونَ أَزْوَاجًا وَصِيَّةً لِأَزْوَاجِهِمْ »

[18] S5.V106 :

  « … يَا أَيُّهَا الَّذِينَ آَمَنُوا شَهَادَةُ بَيْنِكُمْ إِذَا حَضَرَ أَحَدَكُمُ الْمَوْتُ حِينَ الْوَصِيَّةِ اثْنَانِ ذَوَا عَدْلٍ مِنْكُمْ أَوْ آَخَرَانِ مِنْ غَيْرِكُمْ إِنْ أَنْتُمْ ضَرَبْتُمْ فِي الْأَرْضِ فَأَصَابَتْكُمْ مُصِيبَةُ الْمَوْتِ تَحْبِسُونَهُمَا مِنْ بَعْدِ الصَّلَاةِ »

[19] Le verbe ḥafaẓa signifie préserver, garder, retenir, la forme III ḥâfaẓa qui est ici employée avec la préposition ‘alâ a pour sens regarder avec attention, observer, être vigilant à et enfin : être assidu, sens qui ici ne peut donc être contextuellement retenu, mais qui sera exact en S23.V9 par exemple.

[20] Le terme wusṭâ est le féminin de awsaṭ : moyen, milieu, moitié, au juste milieu, équilibré, médian.

[21] Cette compréhension du syntagme qûmû li-llâhi qânitîn est bien évidemment fonction du contexte mis au jour. En cela, elle diffère du standard : « et tenez-vous debout devant Dieu, avec humilité » qui traduit fidèlement la compréhension de ceux qui ne voulaient voir en ce verset que l’accomplissement de la prière de l’après-midi. Pour autant, notre traduction est parfaitement littérale, car le verbe qâma/se lever a de nombreux emplois figurés parmi lesquels le sens « s’apprêter à », c’est-à-dire se lever pour faire telle chose, est bien connu. Par ailleurs, le pluriel qânitîn, participe actif de la racine qanata, signifie à l’origine être obéissant, obéir sans réserve, d’où notre « conformer sincèrement ».

[22] S2.V239 : « فَإِنْ خِفْتُمْ فَرِجَالًا أَوْ رُكْبَانًا فَإِذَا أَمِنْتُمْ فَاذْكُرُوا اللَّهَ كَمَا عَلَّمَكُمْ مَا لَمْ تَكُونُوا تَعْلَمُونَ »

[23] Sur ce point, voir : S73.V6-7.