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S2.V248 : « Et leur prophète leur dit : « En vérité, le signe de son règne est que le “Coffre” vous sera restitué. Il est une assurance de la part de votre Seigneur et un vestige de ce que laissèrent la famille de Moïse et la famille d’Aaron, les anges le soutiennent. En vérité, il y a bien en cela un signe pour vous, si vous êtes croyants ! »

– Pour venir à bout des réticences du « Conseil des Fils d’Israël » exprimées au verset précédent, v246, Samuel prophétise quant à Saül : « le signe de son règne est que le “Coffre” vous sera restitué ». De fait, les chapitres V et VI du Livre Ier de Samuel nous apprennent que lors des guerres de conquête les Philistins s’étaient emparés de « l’Arche d’Alliance », mais qu’ils finirent par la restituer aux Fils d’Israël.[1] L’emploi du verbe âtâ/restituer[2] est globalement compatible avec la version biblique, mais toute autre ressemblance serait fortuite, car le Coran ne conserve aucun des détails légendaires afférés à l’Arche par la Bible, pas plus qu’il ne suit la même chronologie. En effet, logiquement, la notion même de restitution suppose que les Fils d’Israël n’aient pas à combattre pour en reprendre possession et que ce retour inespéré de « l’Arche » devra être considéré comme le « signe »[3] attestant que Dieu a désigné Saül premier roi d’Israël.[4] Comme prédit, cet évènement eut lieu et entraîna l’adhésion du peuple à la nomination de Saül puisqu’on le voit au v249 partir en guerre sous ses ordres. Contrairement au récit biblique, il n’est pas mentionné en ces versets que les israélites amenèrent alors l’Arche au front afin de l’utiliser comme arme de guerre, l’Arche selon eux étant réputée contenir un terrible pouvoir létal grâce auquel Israël pouvait triompher de tous ses ennemis. Au contraire, nous verrons que selon le Coran la plupart des israélites ne relèveront pas le défi et fuiront le combat face aux Philistins et à leur chef Goliath. L’Arche ne fut donc que le « signe » attestant que c’est bien Dieu qui avait décidé du règne de Saül. Par ailleurs, en cette unique occurrence[5] coranique, “l’Arche d’Alliance” est dénommée at-tâbût, vocable sans doute transcrit du guèze tâbôt, signifiant coffre. Or, ce mot est aussi passé à l’hébreu[6] et, dans la Thora, tébah sera employé pour l’Arche de Noé[7] et le “couffin” de Moïse.[8] Par contre, l’Arche sera dans la Thora uniquement nommée arôn, terme hébreu qualifiant un cercueil, un coffre,[9] mais quasi exclusivement employé dans la Bible pour désigner l’Arche dite d’Alliance. Le choix lexical du Coran est donc très déconstructif, l’Arche est avant tout un « Coffre »,[10] notion à même de désacraliser le mythe de l’Arche.[11] Par suite, Samuel souligne la signification du retour du Coffre”, notre traduction est littérale: « il est une assurance de la part de votre Seigneur/fî-hi sakîna »,[12] c’est-à-dire dans le contexte : le retour du « Coffre » est le « signe » de Saül indiquant et assurant que Dieu va vous permettre grâce à la régence de Saül de retrouver la quiétude, la paix, la sécurité, la sûreté, autant de sens du mot-clef sakîna, et ce, après avoir vaincu l’oppression philistine conformément à ce que vous espériez lorsque vous avez demandé qu’Il vous élise un roi. Ainsi comprise, la sakîna[13] n’est en rien comparable à la shekhîna talmudique en ses diverses acceptions.[14] Nous verrons que l’Exégèse a retravaillé la notion coranique de sakîna en fonction des conceptions de la shekhîna propres au judaïsme. Pareillement, il ne faut point confondre l’emploi de sakîna en notre verset et en celui des cinq autres occurrences de ce terme dans le Coran,[15]  car en ces versets la sakîna, avec le sens certain de quiétude, tranquillisation, apaisement, soutien moral et spirituel, est dite émanant de Dieu selon l’expression anzala–llâhu sakînata-hu : « Dieu a fait “descendre” Sa sakîna »[16] ou anzala as–sakîna : « Dieu a “descendu” la sakîna ».[17] Sémantiquement et contextuellement, il s’agit ici clairement d’une quiétude, une sérénité, qui littéralement descend sur le Prophète et les croyants. Autrement dit, cet état de paix intérieure et de confiance ne résulte pas de leur propre volonté, mais d’un don occasionnel et circonstancié de Dieu. En notre verset, nous ne retrouvons pas ces formulations, notamment la détermination par l’article du substantif sakîna[18] et l’emploi du verbe anzala/descendre. Le « Coffre », n’est donc pas « l’Arche d’Alliance »[19] selon les conceptions judaïques tout comme la sakîna n’est en rien la shekhîna ou présence de Dieu et de sa Puissance,[20]  mais une « assurance » de la part de Dieu que Saül sera à même de conduire les Fils d’Israël à la victoire, à charge pour eux de le reconnaître comme roi au travers de ce signe, car « en vérité, il y a bien en cela un signe pour vous, si vous êtes croyants ! »[21] Puis, tout en prêtant parole à Samuel, le Coran poursuit sa déconstruction du mythe de l’Arche, puisqu’il précise que le « Coffre » n’est qu’un « un vestige de ce que laissèrent la famille de Moïse et la famille d’Aaron ». Conformément à la lecture que nous avons mise à jour, il ne s’agit pas de dire que le « Coffre » contient un reste/baqiyya ou vestige, mais qu’il est lui-même un « vestige »[22] transmis par les familles de Moïse et d’Aaron. Nous observerons que l’usage du singulier baqiyya est ainsi correct, alors qu’il ne se justifierait pas pour qualifier le contenu qui selon les emprunts bibliques des commentateurs est dans tous les cas multiple.[23] De même, la répétition « la famille de Moïse et la famille d’Aaron » contredit les diverses traditions qui toutes s’évertuent à imaginer des reliques ayant appartenues directement à Moïse ou à Aaron et non pas à leurs familles.[24] Il semble aussi que ceci ait pour fonction de rectifier le fait que l’Arche soit considérée dans le judaïsme comme relevant de la seule autorité des Lévites, c’est-à-dire « la famille de Aaron ».[25] Ainsi, le Coran la restitue-t-il en quelque sorte aussi aux descendants de Moïse, attitude constante du message coranique qui se refuse à tout privilège de lignée, qu’elle soit prophétique, religieuse ou politique. Enfin, le dernier segment « les anges le soutiennent » a généralement été compris au premier degré et les commentateurs ont imaginé les Anges apportant miraculeusement l’Arche à Saül devant l’assemblée du peuple d’Israël. L’on pourrait supposer que cela signifiait que la restitution du « Coffre » à Israël par les philistins était d’origine miraculeuse, sauf qu’il serait syntaxiquement plus juste que ce corps de phrase soit placé en tête du propos.[26] Il paraît donc plus vraisemblable de considérer que ceci constitue encore une description de “l’Arche” laquelle était surmontée de deux anges en or,[27]  ailes déployées, semblant ainsi soutenir le coffre par le haut. En réduisant la puissante mythologie entourant la fonction de ces Chérubins[28] au simple fait que ces angelots donnaient l’impression décorative de soulever le Coffre, l’attitude du Coran est toujours aussi déconstructive. Elle reprendra cette critique selon un angle plus “théologique” au v255, dit verset « du Trône ». Nous rappellerons que même lorsque le Coran comme ici s’inscrit clairement en intertextualité, il n’est point absolument nécessaire de faire acte d’érudition pour en saisir la signification, car la décontextualisation qu’il opère ainsi permet d’appréhender directement son message puisqu’il met ainsi en valeur la philosophie générale de son propos.

– L’Exégèse, nous l’avons évoqué, n’a pas suivi le Coran dans son projet de critique déconstructive et, au contraire, a réintroduit par ses commentaires la plupart des croyances talmudiques relatives à l’Arche d’Alliance. Autant le Coran ne fit que qualifier la signification du « Coffre » en des circonstances particulières, autant l’Exégèse s’intéressa à son contenu mythologique. Le tâbût fut donc pleinement assimilé à l’Arche et l’on fit dire à Ibn ‘Abbâs qu’elle fut apportée à Saül par des Anges sous le regard du peuple. Les Fils d’Israël purent ainsi terrasser leurs ennemis Philistins, Ammonites ou autres Amalécites. Le secret de cette puissance destructrice est censé résider en la shekhîna alors assimilée à la nuée qui accompagnait Israël aux premiers temps de son périple et couvrait aussi Dieu sur la montagne.[29]  Selon cette perspective, et puisant dans le vieux fond des légendes sémites, les exégètes rapportèrent que la sakîna était un vent meurtrier à tête humaine, ou une créature ailée à tête de chat dont la vue effrayait l’ennemi, ou une icône à la vue de laquelle l’adversaire s’enfuyait. Dans un autre registre, la shekhîna était un album d’images représentant les prophètes d’Adam à Muhammad.[30] Afin de réintégrer cet inestimable trésor au patrimoine islamique, l’on supposa donc que Dieu aurait confié l’Arche et la Pierre noire à Adam lors de sa descente sur Terre. Ce travail de réappropriation a aussi été mené à partir des sens que pouvait revêtir en arabe le mot sakîna et plusieurs hadîths – mais il s’agit probablement de variantes autour du même thème – ont mis en scène la descente de la shakîna-nuée, comprise comme une entité physique descendant sur les récitants du Coran.[31] Nous avions souligné en note qu’après la disparition physique de l’Arche, la théologie judaïque théorisa que le cœur de chaque juif était alors devenu l’Arche de la présence divine, la shekhîna. De fait, la mystique musulmane, entre emprunt et dépossession, a exploité ce sauvetage talmudique et, en le recoupant avec la signification de la sakîna dans les autres occurrences coraniques,[32] a posé que le tâbût désignait le cœur du musulman et que la sakîna y était la manifestation de la présence ou de la lumière divine. Toujours préoccupée par le contenu de l’Arche, l’Exégèse a beaucoup spéculé sur ce que pouvait être le baqiyya/vestige qu’elle assimila au pluriel « reliques ». Nous en avons donné une liste[33] montrant que sous l’influence de l’imagination des commentateurs, le Coffre/Arche devint un fourre-tout à l’hétéroclite contenu magique. Il n’y aura donc pas à s’étonner que les exégètes aient pu se représenter le retour de l’Arche au milieu des Anges la transportant jusqu’au roi Saül et sous le regard émerveillé du peuple d’Israël. Au final, la critique déconstuctive et positiviste du récit biblique proposée par le Coran aura été détournée au profit d’une lecture éprise de légendaire, la raison encore une fois desservie au non des croyances et de la foi crédule.

Dr al Ajamî

[1] Cf. I Samuel, IV-VI. Les raisons et les circonstances de cette restitution sont rapportées dans la Bible selon une logique aussi apologétique que non crédible. Le Coran n’en dit mot, cette abstention signe en soi une non validation de l’aspect pseudo-historique surconstruit des récits hagiographiques d’Israël dans l’Ancien Testament.

[2] La forme IV âta signifie venir, donner, apporter, arriver, survenir, etc. le contexte et l’intertextualité justifie notre restituer.

[3] Le mot signe/âyâ vaut ici pour miracle en tant que signe de Dieu. Par ailleurs, cet unique « signe » est sans rapport avec les trois signes bibliques destinés à prouver à Saül lui-même qu’il serait roi, I Samuel X, 2-6.

[4] Le Coran ne suit pas le récit biblique, car selon I Samuel VII, 2 l’arche revient aux israélites plus de vingt années avant la nomination de Saül, sans au demeurant que l’on comprenne la logique de cette chronologie.

[5] A comparer aux 191 occurrences en l’Ancien Testament.

[6] L’on retrouve aussi le mot tebuta en judéo-araméen. L’origine commune à ces variantes régionales est sans doute l’égyptien tebt, le fait que le Coran utilise le mot tâbût pour désigner le couffin/coffre de Moïse, le confirme. Il est donc incorrect et inutile de supposer que tâbût dérive de l’arabe tabâ, racine évoquant le retour, le repentir.

[7] Le Coran ne commet pas cette collusion et parle du navire/ fulk/safîna de Noé.

[8] Idem en une occurrence au sujet du couffin/tâbût en lequel Moïse fut déposé avant d’être abandonné aux eaux du fleuve, S20.V39.  Nous signalerons que le mot couffin dérive très probablement de l’arabe quffa, terme que l’on retrouve anciennement dans le grec kophinos. Notons qu’en français un moïse désigne un couffin pour bébé. L’étymologie témoigne des échanges culturels et la notion de langue pure n’est donc qu’une fiction politique.

[9] Respectivement : Genèse L, 26 ; II Chroniques XXIV, 11.

[10] C’est ce sens que revêtait effectivement le mot tâbût en arabe. Vers la fin du IIe siècle H. l’on note l’expression tâbût al–mal qui désignait le coffre en bois en lequel était déposé le “trésor public”, notons que c’est exactement la fonction du tébah en II Chroniques XXIV, 11 et seq. Il serait donc incorrect, ou du moins surinterprété, de traduire tâbût en son contexte coranique par Arche ou Arche d’Alliance, la majuscule ici à « Coffre » indiquera toutefois la valeur particulière de ce coffre pour les israélites.

[11] De même, le Coran n’utilise aucune des expressions explicatives et laudatives relatives à l’Arche sacrée d’Israël, comme : « l’Arche d’alliance », Josué III, 6 ; « l’Arche de l’alliance de l’Éternel», I Chroniques XVI, 37 ; « l’Arche de Dieu », I Samuel XIV, 18 ; « l’Arche du témoignage », Exode XXXI, 7 ; « l’Arche du dieu d’Israël », I Samuel Verset, 7.

[12] Notre traduction diffère de la lecture opérée par l’Exégèse qui en l’occurrence s’est conformée à la tradition rabbinique en s’intéressant au contenu de « l’Arche ». Pour se faire, elle a lu le syntagme fî-hi sakîna – en lequel la préposition « fî » signifie dedans, à l’intérieur, et le pronom « hi » représente at-tâbût – comme ayant pour sens : « elle contient une sakîna de la part de votre Seigneur et des reliques… » Pour le terme sakîna, voir suite de l’analyse et note 14. Or, étant entendu la portée déconstructive de ce passage coranique, il est parfaitement cohérent de comprendre que le Coran ne traite pas du contenu du « Coffre », mais de sa signification dans le contexte de la régence du roi Saül. De fait, fî-hi peut aussi indiquer l’état, la qualité de la chose, un rapport d’identité, comme en S2.V2 où, s’agissant de qualifier le Coran, la locution fî-hi hudan al–muttaqîn se comprend sans équivoque comme signifiant « il est Guidée pour les craignants-Dieu », d’où notre traduction : « il est assurance de la part de votre Seigneur… »

[13] De manière certaine, le substantif sakîna dérive de la racine arabe sakana qui évoque le fait d’être tranquille, au repos, de demeurer en un lieu, d’où les sens de quiétude, paix, sécurité, tranquillité, sérénité, mais aussi : assurance, confiance, repos, etc.

[14] Le terme shekhîna n’est pas en lui-même biblique, il dérive de la racine hébraïque shakhan qui tout comme sakana en arabe signifie demeurer, résider, habiter. Ce sont les traditions rabbiniques qui l’on introduit en lui conférant les sens de présence effective de Dieu, présence immanente de Dieu, Dieu lui-même. C’est donc la présence de la Puissance divine qui conférait à l’Arche des super pouvoirs destructeurs faisant de l’Arche une arme de destruction massive. Ainsi en est-il de l’épisode mythique bien connu du siège de Jéricho où les israélites firent pendant sept jours sept fois le tour des murailles de la cité en portant l’Arche, ce qui eut pour effet de les faire s’effondrer, cf. Livre de Josué, VI, 12-20. Si l’Exégèse puisa effectivement dans le vieux fond talmudique, les évolutions du concept de shekhîna dans le judaïsme pourraient fort bien témoigner d’interactions postérieurement au Coran.

[15] S9.V26 ; S9.V40 ; S48.V4 ; S48.V18 ; S48.V26.

[16] En S9.V26 et S9.V40 la sakîna de Dieu [sakînata-hu] est octroyée au Prophète seul et, à une occasion, S48.V26, au Prophète et aux croyants.

[17] S48.V4 et V18. Lorsque l’on croise les références de la note supra et celles-ci, il apparaît que la sakîna n’est pas de nature divine, mais résulte d’une action de Dieu sur l’état intérieur de l’Homme. De fait, supposer que Dieu connaîtrait un état de sakîna impliquerait qu’Il puisse aussi connaître le contraire. Dieu aurait donc des états, qui plus est changeants, notions incompatibles avec l’absoluité immuable de Dieu.

[18] Le texte arabe du v248 porte effectivement fî-hi sakîna et non pas : fî-hi as–sakîna.

[19] Pour le judaïsme, l’hypostase divine ne pouvait se réaliser que dans l’Arche et elle était le signe de l’Alliance de Dieu avec les Fils d’Israël, le symbole de leur élection, d’où la dénomination Arche d’Alliance ou aron berit.  Ce type de croyance ne passe pas l’épreuve des faits, car l’Arche ayant historiquement disparu depuis, nous devrions en déduire qu’il en serait de même de la présence de Dieu, la shekhîna. Pour contourner cette grave difficulté, il fallut imaginer qu’elle avait été occultée jusqu’aux temps messianiques ou que le cœur de chaque juif était devenu le réceptacle de la shekhîna, l’arche de la présence divine. Nous verrons que l’Exégèse a repris à son compte cet artifice théologique.

[20] En I Samuel IV, 4 on parle de « l’Arche de Yahweh des Armées ». Ce n’est que par confusion que l’on assimile la sakîna coranique à l’action des « armées invisibles » que Dieu envoie pour secourir le Prophète au combat, cf. S9.V26 et V40. Cette confusion est directement liée aux théories talmudiques selon lesquelles la shekhîna ou présence de Dieu se traduisait par la manifestation de la Toute-puissance divine contre les ennemis d’Israël.

[21] Il s’agit de la conclusion du verset, l’emploi du singulier à « signe » confirme qu’il s’agit là de la restitution de l’Arche et non pas de qualifier ce que l’Arche était censée contenir, ce qui aurait alors nécessité un pluriel.

[22] Traduire baqiyya par relique est un abus de sens directement lié à une lecture biblique de « l’Arche » laquelle est effectivement considérée comme contenant des reliques sacrées, à savoir : les deux Tables de la Loi, Ier Livre des Rois VIII, 9, alors que selon l’Épître aux Hébreux VIII, 4, l’on y trouvait en plus « une urne d’or renfermant la manne et le bâton d’Aaron qui avait fleuri »…

[23] Ce que serait censée contenir l’Arche varie en fonction des sources testamentaires, cf. supra, mais aussi selon les auteurs musulmans : fragments des tables de la Loi, bâton de Moïse, vêtement de Moïse, les sandales de Moïse, le turban d’Aaron ou son bâton, le sceau de Salomon, etc.

[24] L’Exégèse avait sans doute perçu la nuance, aussi supposa-t-elle que le terme âl, généralement traduit par famille, ne soit ici qu’un titre honorifique donné à Moïse et à Aaron. Hypothèse linguistiquement possible qui, si elle réduit la difficulté liée à cette expression coranique, ne résout pas l’emploi du singulier pour vestige/baqiyya.

[25] Selon le judaïsme, c’est Aaron qui devient premier grand prêtre d’Israël, fonction sacerdotale qui sera ensuite uniquement déléguée aux membres de sa famille dits lévites.

[26] De fait, le plus souvent les traductions “rectifient” l’ordre d’énonciation voulu par le Coran et proposent des : « l’Arche vous reviendra portée par des Anges, elle contient, etc. »

[27] Tel que décrit par la Thora, Exode XXV, 18-20.

[28] Les anges surmontant le couvercle de l’Arche sont nommés Chérubins, nom dérivant du pluriel hébreu kerubim, terme probablement d’origine assyrienne désignant les chimères ou sphinx ailés que l’on retrouve comme constitutifs des trônes sur nombre de bas-reliefs. Dès la haute Antiquité du Moyen-Orient, ces kerubim encadraient les trônes royaux et symbolisaient la puissance divine dont était investi le roi. Les Anges surmontant l’arche d’Alliance avaient même fonction, l’Arche selon la Bible étant ainsi le trône de Yahweh [ex : I Samuel IV, 4, II Samuel VI, 2 : l’Arche de l’alliance de Yahweh assis sur les chérubins] le Dieu-roi d’Israël [Ex : Psaumes XXIV, 10] et Sa présence ou shekhîna scellant l’Alliance avec Israël. Le Coran ne valide rien de tout cela.

[29] « La nuée de Yahweh était au-dessus d’eux pendant le jour lorsqu’ils partaient du camp. Quand l’Arche partait, Moïse disait : lève-toi Yahweh, et que tes ennemis soient dispersés ! Que ceux qui te haïssent fuient devant ta face » Nombres X, 34-35 ; « Moïse monta vers la montagne, et la nuée couvrit la montagne et la gloire de Yahweh reposa sur la montagne du Sinaï. » Exode XXIV, 15.

[30] L’on rapporte à ce sujet l’imaginaire rencontre de ‘Ubâda ibn Sâmit et de son ambassade avec l’empereur Héraclius qui aurait détenu ces icônes.

[31] Al Bukhârî, voir notamment chapitre : Des mérites du CoranDes mérites de sourate al–kahf.

[32] Cf. S9.V26 ; S9.V40 ; S48.V4 ; S48.V18 ; S48.V26.

[33] Pour mémoire : fragments des tables de la Loi, bâton de Moïse, vêtement de Moïse, les sandales de Moïse, le turban d’Aaron, son bâton, le sceau de Salomon, etc.