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Sourate 3 ; âl ‘Imrân : La lignée de ‘Imrân

  

Partie I

Au nom de Dieu, le Tout-Miséricordieux, le Tout Miséricorde

Chap. I ; § 1 : Foi, Révélation & relation au Texte

Alif ; lâm ; mîm. [1]

– Dieu, point d’autre dieu que Lui, l’Éternel, l’Immuable. [2] Il te révèle progressivement l’Écrit en toute Vérité, confirmant ce qui l’a précédé. Il révéla la Thora et l’Évangile auparavant [3] en tant que guide pour les Hommes, Il révéla le critère.[i] Certes, ceux qui dénient les versets de Dieu subiront un tourment intense ; Dieu est Tout-puissant, Maître de la Sanction ! [4] En vérité, Dieu sait tout ce que recèlent la Terre et les Cieux. [5] C’est Lui qui vous façonne en les matrices, comme Il veut ;  point d’autre dieu que Lui, le Tout-puissant, l’infiniment Sage. [6] C’est Lui qui te révèle l’Écrit dont les versets sont explicites et sont le principe du Livre alors que certains sembleraient équivoques. Aussi, ceux qui ont à l’esprit quelque déviance s’attacheront à ce qui en semblerait équivoque par désir séditieux et dépassement de son sens premier. Mais ne connaissent son sens premier que Dieu et ceux qui s’enracinent en la connaissance. Ils disent : « Nous y croyons, il émane entièrement de notre Seigneur ; ne se le rappellent que les hommes de raison !  [7] Seigneur ! Ne laisse point nos cœurs dévier après que Tu nous aies guidés et fais-nous de Ta part don de miséricorde ; Tu es, certes, le Généreux donateur ! » [8]

§ 2 : Foi & amour du bas-monde

– « Seigneur ! Certes, Tu rassembleras les Hommes au Jour qui ne fait point doute. » ; et Dieu ne faillira point au Rendez-vous ! [9] Quant à ceux qui auront dénié, rien ne leur sera profitable de leurs biens et de leur progéniture auprès de Dieu, ce sont eux le combustible du Feu ! [10] Il en est ainsi des Gens de Pharaon et de leurs prédécesseurs. Ils récusèrent Nos Signes, alors Dieu les saisit pour leurs crimes, et Dieu est dur quant aux poursuites ! [11] Dis aux dénégateurs : « Vous serez terrassés et rassemblés en la Géhenne. » Et quelle détestable couche ! [12] Il y a aussi pour vous un signe quant à deux troupes se faisant face : une troupe combat pour la cause de Dieu et l’autre est dénégatrice. Ils les pensent le double de ce que l’œil voit,[ii] mais Dieu assiste de Son appui qui Il veut ! Il y a certes en cela un enseignement pour ceux qui sont clairvoyants. [13] Comme semble beau aux hommes l’amour ardent qu’ils portent aux femmes, aux fils, aux quintaux amoncelés d’or et d’argent, aux chevaux racés, aux bétails et aux cultures ; ce n’est là que jouissance éphémère de la vie d’ici-bas, alors qu’en Dieu est l’excellent retour ! [14] Dis : «  Vous informerais-je de ce qui est meilleur que tout cela : pour ceux qui auront pieusement craint il y aura auprès de leur Seigneur des jardins au pied desquels coulent ruisseaux et en lesquels ils demeureront ainsi que des conjoint(e)s pur(e)s et l’agrément de Dieu ! » [iii] Or, Dieu est parfaitement clairvoyant quant à Ses serviteurs, [15] ceux qui disent « Seigneur ! Nous croyons ! Pardonne-nous donc nos fautes et préserve-nous du tourment du Feu ! », [16] les persévérants, les véridiques, les humbles, les charitables, ceux qui implorent pardon au point du jour. [17]

Chap. II ; §1 : Foi, Révélation & Voie monothéiste

– Dieu atteste qu’il n’est point d’autre dieu que Lui, et les Anges et les Connaissants, en toute justice : point d’autre dieu que Lui, le Tout-puissant, l’infiniment Sage. [18] En vérité, la Voie en Dieu est l’abandon de soi à Dieu. Ne divergèrent ceux à qui le Livre fut donné qu’après que leur soit parvenue la Connaissance, se causant tort entre eux. Et quiconque dénie les versets de Dieu, qu’il sache que Dieu est prompt au Compte. [19] Et s’ils controversent avec toi, réponds-leur : « J’ai remis mon être à Dieu[iv] ainsi que ceux qui m’ont suivi. » Et demande à ceux à qui le Livre fut donné et à ceux qui sont sans Écritures [*] : « Vous en êtes-vous remis qu’à Dieu ? » Et s’ils s’en sont remis à Dieu, alors ils sont bien guidés. Et, s’ils se détournent, tu n’es jamais chargé que de transmettre. Dieu est parfaitement clairvoyant quant à Ses adorateurs. » [20] Vraiment, ceux qui dénient Nos versets, assassinent les prophètes[v] sans droit aucun, tuent de même ceux qui ordonnent la justice parmi les hommes, avertis-les donc d’un tourment terrible. [21]  Ceux-là, leurs œuvres sont vaines ici-bas et en l’Au-delà, et ils n’auront point de soutiens. [22] Ne vois-tu pas ceux qui ont reçu une part du Livre : lorsqu’ils sont appelés au livre de Dieu[vi] afin de juger entre eux, nombre d’entre eux tournent le dos, s’écartant. [23] Ceci du fait qu’ils disent : « Le Feu ne nous touchera que jours comptés. », [vii] mais les a trompés quant à leur rétribution ce qu’ils ont forgé. [24] Qu’en sera-t-il donc lorsque Nous les rassemblerons au Jour qui ne fait point doute et que chaque être sera rétribué de ce qu’il aura acquis et qu’ils ne seront point lésés ! [25] Dis : « Seigneur Dieu ! Maître de tout pouvoir ! Tu confies l’autorité à qui Tu veux et retires l’autorité à qui Tu veux, Tu élèves qui Tu veux et abaisses qui Tu veux ! Tout bien est en Ta main, Tu as sur toute chose pouvoir ! [26] Tu fais que la nuit recouvre le jour et que le jour recouvre la nuit, Tu tires le vivant du mort et extirpes le mort du vivant et Tu pourvois qui veut, sans compter ! » [27]    

§ 2 : Foi et mésalliance

– Que les croyants ne prennent point les dénégateurs comme alliés au lieu des croyants. Qui fait cela a rompu avec Dieu,[viii] à moins que vous ne cherchiez ainsi à vous prémunir d’eux. Dieu vous met en garde envers Lui-même, et vers Dieu est le Devenir ! [28] Dis : « Que vous dissimuliez ce qui est en vos cœurs ou que vous le laissiez apparaître, Dieu le sait parfaitement. Il connaît tout ce qui est en les Cieux et sur Terre ; Dieu a sur toute chose pouvoir ! » [29] Au Jour où toute âme sera en présence de ce qu’elle aura accompli comme bien, mais aussi du mal qu’elle aura fait, elle souhaitera qu’il y ait entre elle et ce dernier une limite lointaine. Dieu vous met en garde envers Lui-même, car Dieu est Très bienveillant à l’égard des serviteurs. [30] Dis : « Si vous aimez Dieu, suivez-moi donc afin que Dieu vous aime et qu’Il vous pardonne vos fautes, car Dieu est Tout pardon et Tout de miséricorde. » [31] Dis : « Obéissez à Dieu et au Messager[ix] et, si vous vous dérobez, alors, vraiment, Dieu n’aime pas ceux qui se dédisent ! » [32]

Chap. III ; §1 : Foi en l’annonce de Marie

– En vérité, Dieu a choisi Adam et Noé, la lignée d’Abraham et la lignée de ‘Imrân entre les Hommes [33] – certains descendants d’entre eux –[x] et Dieu entend et sait parfaitement. [34] Ainsi, lorsque la femme de ‘Imrân dit : « Ô, mon Seigneur !Je fais le vœu de Te consacrer ce qui est en mon sein ! Agrée-moi, Tu es, certes, Celui qui entend et sait parfaitement ! » [35] Puis, quand elle l’eut enfanté, elle s’écria : « Ô mon Seigneur ! J’ai accouché d’une fille !  » – Et Dieu savait bien ce dont elle avait accouché, un garçon n’est point comme une fille !  « Je l’ai nommée Marie, et je l’ai placée sous Ta protection ainsi que sa descendance contre Shaytân le maudit ! »[36] Son Seigneur l’accueillit donc du meilleur agrément, Il la fit croître harmonieusement et la confia à Zacharie. Toutes les fois que Zacharie lui rendait visite en sa cellule,[xi] il trouvait auprès d’elle de la nourriture. Il lui demanda : « Ô Marie ! D’où cela te vient-il ? » Elle répondit : « Cela provient de Dieu. » Dieu, certes, pourvoit qui Il veut, sans compter. [37]

§ 2 : Foi en l’annonce faite à Zacharie

– C’est ainsi que Zacharie invoqua son Seigneur. Il dit : « Ô, mon Seigneur ! Accorde-moi de Ta part une progéniture agréable, Tu es Celui qui entend l’invocation ! » [38] Après quoi  les Anges le hélèrent alors qu’il était debout en prière dans le Sanctuaire[xii] : « Dieu te fait belle annonce : la venue de Jean le Baptiste, confirmateur d’un Verbe de Dieu, noble, abstinent, et prophète parmi les vertueux.[xiii] »  [39]  Il dit, « Ô, mon Seigneur ! Comment pourrais-je avoir un garçon alors que m’a atteint la vieillesse et que ma femme est stérile ! » Il dit : « C’est ainsi, Dieu accomplit ce qu’Il veut ! » [40] Il demanda : « Ô mon Seigneur ! Indique-moi un présage. » Il répondit : « Ton présage sera que tu ne pourras parler aux gens trois jours que par gestes. Et invoque ton Seigneur abondamment, et célèbre louange au crépuscule et à l’aurore. » [41]

§ 3 : Foi en l’annonce à Marie

 – Et lorsque les Anges dirent : « Ô Marie ! Dieu t’a choisie et purifiée. En vérité, Il t’a élue entre les femmes de tous les Mondes. [42] Ô Marie ! Sois dévouée à ton Seigneur, prosterne-toi et incline-toi avec ceux qui s’inclinent. » [43] Ce sont là des informations quant à l’Inapparent dont Nous te faisons révélation. Tu n’étais point parmi eux quand ils lancèrent leurs baguettes[xiv] afin de déterminer qui d’entre eux prendrait en charge Marie, et tu n’étais point avec eux quand ils se querellèrent.[xv] [44] De même, lorsque les Anges dirent : « Ô Marie, Dieu te fait belle annonce d’un Verbe émané de Lui, son nom sera le Messie Jésus fils de Marie. Il sera illustre en ce monde et en l’Au-delà, au nombre des  rapprochés. [45] Il parlera aux gens en son berceau et à l’âge adulte et il sera au nombre des vertueux. » [46] Elle s’exclama : « Ô mon Seigneur ! Comment pourrais-je avoir un enfant alors que nul homme ne m’a jamais touchée ! » Il dit : « C’est ainsi, Dieu crée ce qu’Il veut et, lorsqu’Il décide d’une chose, il n’a qu’à dire à son propos : « Sois ! », et elle est. » [47]

§ 4 : Foi en la mission de Jésus

– Il lui enseignera le Jugement,[xvi] la Sagesse, la Thora et l’Évangile. [48] Il sera un messager envoyé aux Fils d’Israël : « Je suis venu à vous en Signe de votre Seigneur. Ainsi, pour vous, je modèle[xvii] d’argile une forme d’oiseau en laquelle je souffle, et c’est un oiseau, de par la permission de Dieu ! Je guéris l’aveugle et le lépreux et redonne vie au mort, de par la permission de Dieu ! Mais, je vous informerai aussi de ce que vous dépensez ou amassez en vos temples ![xviii] Il y aura là bien un signe pour vous, si vous êtes croyants ! [49] Je suis de plus confirmateur de ce que fut la Thora et je vous rendrais donc permis une partie de qui vous avait été interdit.[xix] Je suis vraiment venu à vous en Signe de votre Seigneur ; craignez donc Dieu et suivez-moi ! » [50] En vérité, Dieu est mon Seigneur et votre Seigneur, adorez-Le donc, ceci est un chemin droit ! [51] 

§ 5 : Foi au devenir de Jésus

– Et, quand Jésus perçut de leur part du rejet, il demanda : « Qui seront mes soutiens auprès de Dieu ? » Les disciples répondirent : « Nous sommes les défenseurs de Dieu ! Nous croyons en Dieu, et sois témoin que nous Lui sommes assujettis.[xx] [52] Seigneur ! Nous croyons en ce que Tu as révélé et nous suivons le messager. Inscris-nous au nombre des témoins. » [53] Ils ont comploté contre lui, mais Dieu aussi a ourdi, et Dieu fut le meilleur en stratagème [54] lorsqu’Il dit : « Ô Jésus ! C’est Moi qui te donnerai la mort,[xxi] t’élèverai vers Moi et t’éloignerai de ceux qui ont dénié. J’établirai ceux qui t’auront suivi au-dessus de ceux qui ont dénié, jusqu’au Jour de la Résurrection. » Enfin, c’est vers Moi que vous retournerez et, qu’alors, J’arbitrerai entre vous quant à ce sur quoi vous divergiez. [55] Ainsi, ceux qui auront dénié, Je les frapperai d’un châtiment intense ici-bas et en l’Au-delà, et ils n’auront point de soutiens. [56] Mais ceux qui auront cru et œuvré en bien, Nous leur donnerons[xxii] pleinement leurs salaires ; et Dieu n’aime pas les injustes ! [57] Voilà ce que Nous te transmettons comme versets et sage rappel. [58]

 Chapitre IV ; § 1 : Controverse avec les Gens du Livre

– Le cas de Jésus est pour Dieu comme celui d’Adam qu’Il façonna[xxiii] de terre puis dit à son propos : « Sois ! », et il fut. [59] La vérité vient de ton Seigneur, alors ne sois pas de ceux qui doutent. [60] Quant à qui controverse avec toi à son sujet[xxiv] après qu’il te soit parvenu la Connaissance, dis : « Venez ! Convoquons nos fils et vos fils, nos femmes et vos femmes, nous-mêmes et vous-mêmes et invoquons avec ferveur que l’éloignement de Dieu frappe les fallacieux ! » [61] – Certes, c’est là un récit véridique, et il n’y a point d’autre dieu que Dieu ; Dieu est Lui le Tout-puissant, l’infiniment Sage –  [62] Si alors ils se détournent, Dieu, certes, sait parfaitement qui sont les pernicieux. [63]

§ 2 : Controverse des Gens du Livre

– Dis : « Ô Gens du Livre ! Venez-en à une parole égale pour nous et pour vous : que nous n’adorions que Dieu, sans rien Lui associer, et que les uns comme les autres nous ne prenions point maîtres[xxv] en dehors de Dieu. » Si alors ils se détournent, dites : « Prenez acte de ce que nous Lui sommes entièrement assujettis.[xxvi] » [64] Ô Gens du Livre ! Pourquoi controversez-vous quant à Abraham alors que n’ont été révélés la Thora et l’Évangile que bien après lui ? Ne raisonnez-vous donc pas ! [65]  Voilà comme vous êtes : vous disputiez de ce dont vous aviez pourtant connaissance, alors pourquoi controversez-vous de plus au sujet de ce dont vous n’avez nulle science ? [66] Abraham ne s’était ni judaïsé ni christianisé ! Mais il fut exclusivement[xxvii] abandonné à Dieu et ne fut point des polythéistes. [67] En vérité, les plus proches d’Abraham sont ceux qui le suivirent ainsi que ce Prophète et ceux qui croient, et Dieu est proche des croyants. [68]  Pourtant, certains parmi les Gens du Livre voudraient bien pouvoir vous égarer, mais ils n’égarent ainsi qu’eux-mêmes, sans en avoir conscience. [69] Ô Gens du Livre ! Pourquoi déniez-vous les versets de Dieu alors que vous en êtes témoins ? [70]

Ô Gens du Livre ! Pourquoi revêtez-vous le vrai de faux et dissimulez-vous la vérité alors que vous savez ? [71] Ainsi, certains des Gens du Livre ont dit : « Croyez donc au commencement du jour à ce qui est révélé à ceux qui y croient et déniez-le à sa fin ; peut-être s’en reviendront-ils ! [72] Mais, en réalité, n’ayez foi qu’en ceux qui suivent votre voie. » Réponds :  « La guidée est la guidée de Dieu, et ce, qu’il soit donné à quelqu’un l’équivalent de ce que vous avez eu ou qu’ils argumentent contre vous quant à votre Seigneur ! »[xxviii] Dis : « En vérité,  la grâce est entre les mains de Dieu et il L’attribue à qui Il veut ; et Dieu est Incommensurable, infiniment Savant. [73] Il gratifie de Sa miséricorde qui Il veut, Dieu est Détenteur de l’immense grâce. » [74] Cependant, il y a parmi les Gens du Livre tel qui, si tu lui confiais une grande somme, te la restituerait. Alors que parmi eux tel qui, si tu lui confiais un dinar, ne te le rendrait qu’après que tu eus longtemps insisté. Ceci du fait que ceux-là disent n’avoir à l’égard des Gentils[xxix] aucune obligation. Ils profèrent-là mensonge contre Dieu, sciemment ! [75] Que non ! Car celui qui tiendra fidèlement son engagement et aura craint pieusement sache que Dieu aime ceux qui le craignent ainsi ! [76] Ceux qui vendent le Pacte de Dieu et leurs serments pour un vil prix, ceux-là sont ceux qui n’auront aucune part en l’Au-delà. Dieu ne s’adressera point à eux ni ne les regardera au Jour de la Résurrection. Il ne les purifiera point et ils subiront un tourment terrible. [77]

Chapitre V  ; § 1 : Le Pacte des prophètes & la Voie monothéiste

– Parmi eux, nombreux sont ceux qui de leurs langues détournent la Bible[xxx] afin que vous pensiez que cela est écrit, mais cela n’est pas dans la Bible. Ils prétendent que cela provient de Dieu, mais cela ne provient pas de Dieu. Ils profèrent mensonge contre Dieu, sciemment ! [78] Or, nulle personne à qui Dieu a donné le Livre, le Savoir et la Prophétie ne saurait ensuite dire aux gens : «  Soyez-moi adorateurs en plus de Dieu » ! Mais, au contraire : Soyez donc des doctes dévoués au Seigneur du fait que vous enseignez la Bible et du fait que vous l’étudiez ! [79] Elle ne vous ordonnerait pas non plus de prendre les Anges et les prophètes comme maîtres.[xxxi] Comment vous ordonnerait-elle le déni de Dieu après que vous vous fussiez à Lui remis,[xxxii] [80] car Dieu a conclu le Pacte des prophètes[xxxiii] : « En raison de ce que Je vous ai donné du Livre et de la Sagesse et qu’ensuite vienne à vous un messager confirmant ce que vous détenez, vous devrez croire en lui et l’assister. » Il dit : « Acceptez et prenez acte quant à cela de Mon Alliance. » Ils répondirent : « Nous acceptons. » Il dit alors : « Soyez-en donc témoins, Je suis avec vous témoin [81] et qui se détournera après cela, ce sont eux les dévoyés ! » [82] Autre que la Voie de Dieu chercheraient-ils, alors qu’à Lui s’assujettissent ce qui est dans les Cieux et la Terre, de gré ou de force, et que vers Lui ils seront ramenés ! [83] Dis : « Nous croyons en Dieu et en ce qui nous a été révélé et en ce qui a été révélé à Abraham, Ismaël, Isaac, Jacob et les Tribus. Et aussi en ce qui a été donné à Moïse, Jésus et aux prophètes de la part de leur Seigneur. Nous ne faisons aucune distinction entre eux et, à Lui, nous nous sommes abandonnés. » [84]  Ainsi, qui désire autre que l’abandon de soi à Dieu comme Voie, alors cela ne sera pas accepté de sa part, et il sera dans l’Au-delà au nombre des perdants. [85]

§ 2 : Du déni de Foi

– Comment Dieu guiderait-Il donc des gens qui dénièrent après avoir eu la foi et après avoir attesté que le messager est vérité et que leur soient parvenues les preuves, car Dieu ne guide pas les gens iniques ! [86] Ceux là, leur seule rétribution sera d’être en la damnation de Dieu, des Anges et de tous les hommes, [87] en laquelle ils demeureront, il ne leur sera pas allégé le tourment et ils ne seront pas regardés, [88] exceptés ceux qui se repentent après cela et s’amendent, car Dieu est Tout pardon et Tout de miséricorde. [89] Certes, ceux qui dénient après avoir eu la foi et s’enfoncent encore plus dans le déni, il ne sera point accepté leur repentir ; ceux-là sont les égarés ! [90] Vraiment, ceux qui dénient et meurent alors qu’ils sont dénégateurs, il ne sera accepté d’aucun d’eux tout l’or de la Terre, quand bien même voudrait-il se racheter avec ! Ceux-là subiront un tourment terrible, et ils n’auront point de secoureurs ! [91]

§ 3 : Foi & piété

–  Vous n’atteindrez point la piété tant que vous ne ferez pas largesse de ce que vous aimez, et, quel que soit ce que vous dépensez, Dieu, certes, en est parfaitement Savant. [92] Toute nourriture était permise aux Fils d’Israël sauf ce que Jacob[xxxiv] s’était interdit à lui-même avant que ne soit révélée la Thora. Dis : « Apportez donc la Thora et lisez-la, si vous êtes véridiques. » [93] Et, alors, qui forgera contre Dieu le mensonge après cela… ce sont eux les injustes. [94] Dis : « Dieu a dit vrai ! Suivez donc le credo d’Abraham, exclusivement,[xxxv] et il ne fut point des polythéistes» [95] En vérité, le premier temple qui fut institué pour les gens est celui du rassemblement/bakka, béni, guidée pour les hommes. [96] S’y trouvent des Signes évidents, en ce lieu où se tint Abraham et, quiconque y pénètre, est en sécurité. Aux gens, pour Dieu, incombe le pèlerinage au Temple, et ce, pour celui qui est en mesure de trouver vers lui un chemin.[xxxvi] Et celui qui dénie… certes, Dieu Se suffit quant aux hommes. [97] – Dis : « Ô Gens du Livre ! Pourquoi déniez-vous les Signes de Dieu, car Dieu est témoin de ce que vous œuvrez ? » [98] Dis : « Ô Gens du Livre ! Pourquoi obstruez-vous le chemin de Dieu pour celui qui croit en le rendant tortueux alors que vous-mêmes êtes témoins ?  Or, Dieu n’est point sans savoir ce que vous œuvrez ! » [99] Ô vous qui croyez ! Si vous obéissez à telle faction de ceux qui ont reçu le Livre ils vous  rendront à nouveau, après que vous ayez eu la foi, dénégateurs. [100] Comment donc pourriez-vous dénier alors même qu’il vous est récité les versets de Dieu et qu’est présent parmi vous Son messager ? Mais qui se lie fermement à Dieu sera guidé sur un chemin droit. [101]

Partie II

Axe central :

– Ô vous qui croyez ! Craignez pieusement Dieu de la véritable crainte qui Lui est due et ne mourrez qu’en Lui étant pleinement abandonnés. [102] Saisissez-vous fermement du lien de Dieu, ensemble, et ne vous divisez pas. Rappelez-vous la grâce de Dieu à votre égard lorsque vous étiez ennemis et qu’Il réconcilia vos cœurs et que vous devinrent de par Sa grâce frères alors que vous étiez au bord d’un gouffre de feu et qu’Il vous en sauva !  C’est ainsi que Dieu vous explicite Ses signes afin que vous puissiez vous bien-guider. [103] Qu’il soit donc parmi vous une communauté  de gens qui appellent au bien, incitent au convenable et condamnent le blâmable ; ceux-là sont les bienheureux. [104]

Chapitre VI ; § 1 : Impiété & piété des Gens du Livre

– Et ne soyez pas comme ceux qui se sont divisés et ont divergé après que leur fussent parvenues les preuves ; ceux-là subiront un tourment immense [105] le Jour où visages s’éclaireront et visages s’assombriront. Quant à ceux dont se seront assombris  les visages : « Avez-vous dénié Dieu après avoir eu la foi ? Alors, goûtez le Tourment pour avoir dénié.  » [106] Quand à ceux dont se seront éclairés les visages, ils seront donc en la Miséricorde de Dieu, ils y demeureront. [107] Ce sont là les versets de Dieu, Nous te les transmettons en toute vérité, et Dieu ne désire point léser les hommes. [108]  À Dieu ce qui est en les Cieux et sur Terre, et à Dieu seront ramenées toutes affaires. [109] Vous avez été une excellente communauté suscitée pour les hommes. Vous incitiez au convenable, condamniez le blâmable et vous croyiez en Dieu. Si les Gens du Livre croyaient, ce serait meilleur pour eux ; parmi eux il y a des croyants, mais la plupart  sont des déviants, [110] lesquels ne sauraient vous nuire si ne n’est par des propos blessants. S’il advient qu’ils vous combattent, ils finiront pas tourner le dos et ils ne seront pas secourus, [111] s’abattra sur eux l’humiliation où qu’ils soient saisis, à moins d’un pacte avec Dieu ou d’un pacte avec les hommes.[xxxvii] Ils encoururent colère de la part de Dieu et furent frappés d’indigence du fait qu’ils dénièrent les Signes de Dieu et assassinèrent les prophètes[xxxviii] en dépit de la vérité. Il en est ainsi puisqu’ils désobéirent et transgressèrent. [112]  Mais ils ne sont pas tous pareils ! Il est parmi les Gens du Livre une communauté droite, ils récitent les versets de Dieu aux heures de la nuit, se prosternent. [113] Ils croient en Dieu et au Jour Dernier, incitent au convenable, condamnent le blâmable et rivalisent en bonnes œuvres, ceux-là sont au nombre des vertueux [114] et, quelque bien qu’ils fassent, il ne leur sera pas dénié,[xxxix] car Dieu connaît parfaitement ceux qui le craignent pieusement. [115]

Chapitre VII ; §1 : Non-Foi et hostilité des polythéistes mecquois

– Certes, ceux qui dénient la Foi, ni leurs biens ni leurs fils ne les mettront en rien à l’abri de Dieu ; ceux-là sont les hôtes du Feu, ils y demeureront. [116] La parabole de ceux qu’ils dépensent en cette vie d’ici-bas est à l’image d’un vent glacé et rugissant s’abattant sur la récolte de gens qui se sont lésés eux-mêmes, et la voilà détruite ! Ce n’est point Dieu qui leur est inique, mais eux-mêmes qui se lèsent.[117] Ô vous qui croyez ! Ne partagez pas un secret interne en dehors de vous… Ils ne manqueront pas de vouloir votre perte, ils désirent que vous soyez en difficulté. La haine sort de leurs bouches, mais ce que cachent leurs cœurs est pire encore ; Nous vous avons explicité les versets, puissiez-vous comprendre ! [118] Voilà comme vous êtes : vous les aimez, mais eux ne vous aiment point ! Vous croyez en l’Écrit en totalité, et eux lorsqu’ils vous rencontrent disent : « Nous croyons ! », mais lorsqu’ils sont entre eux ils se mordent à cause de vous les doigts de rage. Dis : « Que votre rage vous emporte ! »  Certes, Dieu est parfaitement Savant de ce que recèlent les cœurs. [119]Que vous advienne un bienfait, ils s’en affligent, mais si vous atteint un mal,  ils s’en réjouissent. Mais, si vous endurez et craignez pieusement, leur  tromperie ne vous nuira en rien ; certes, Dieu cerne parfaitement ce qu’ils font. [120]

§ 2 : Foi & non-Foi, la confrontation avec les polythéistes à Badr

– C’est ainsi que tu quittas grand matin ta maisonnée pour faire halte avec les croyants aux postes de combat ; et Dieu entend et sait parfaitement. [121] Quand songèrent deux troupes d’entre vous à faiblir alors que Dieu était l’Allié des deux, mais c’est en Dieu que placent leur confiance les croyants.[xl] [122] Pourtant, Dieu vous avait secourus à Badr quand vous étiez en position de faiblesse, craignez donc pieusement Dieu ; puissiez-vous être reconnaissant ! [123]

Quand tu disais aux croyants : « Cela ne vous suffirait-il pas que vous assiste  votre Seigneur de trois mille Anges qu’Il ferait descendre ! » [124]  Certainement ! Si vous endurez et craignez pieusement et qu’ils vous assaillent de toute leur violence, votre Seigneur vous assistera de cinq mille Anges lancés à l’assaut.[xli] [125] Dieu ne l’a voulu, si ce n’est que ce soit pour vous une bonne nouvelle et qu’ainsi soient rassurés vos cœurs – mais la victoire ne vient que de Dieu le Tout-puissant, l’infiniment Sage – [126]  et aussi afin que soit coupé le front des dénégateurs, ou qu’ils soient culbutés, et s’en retournent dépités. [127] Tu n’es pour rien en cette décision : qu’Il allège leur sort[xlii] ou qu’Il les châtie, car ils sont en réalité iniques. [128]

Chapitre VIII ; §1 : Des péchés & du Pardon

– À Dieu ce qui est en les Cieux et sur la Terre, Il pardonne à qui veut et châtie qui veut[xliii] ; Dieu est Tout pardon et Tout de miséricorde. [129]  Ô croyants ! Ne consommez pas du prêt par doublements redoublés, et craignez Dieu – puissiez-vous prospérer ! [130] Redoutez le Feu promis aux dénégateurs [131] et obéissez à Dieu et au Messager afin qu’il vous soit fait miséricorde ! [132]  Concourrez au Pardon de votre Seigneur et pour un Jardin ample comme les Cieux et la Terre promis aux craignants-Dieu,  [133] ceux qui font largesse dans l’aisance ou l’adversité, ceux qui maîtrisent leur colère et excusent les gens, car Dieu aime les bienfaisants. [134] Et aussi ceux qui lorsqu’ils ont commis quelque immoralité ou se sont fait du tort à eux-mêmes se rappellent de Dieu et demandent pardon de leurs péchés – car qui pardonne les péchés si ce n’est Dieu ! – et qui ne persistent point en ce qu’ils faisaient  consciemment. [135]  À ceux-là, leur rétribution sera le Pardon de leur Seigneur et des jardins au pied desquels coulent ruisseaux, ils y demeureront, et quelle excellente rétribution pour ceux qui agissent ainsi ! [136]

§ 2 : Du combat de la foi contre les dénégateurs

– Ont passé avant vous  bien des civilisations[xliv] ; parcourez donc la Terre et regardez quelle fut la fin des récusateurs ! [137] Cela est un exemple clair pour les hommes, ainsi que guidée et exhortation pour les craignants-Dieu. [138] Ne faiblissez pas, ne vous désespérez pas, car vous serez les plus dignes si vous êtes croyants. [139] Que douleur vous frappe, certes ces gens ont subi douleur pareille ; et ces journées-là Nous les faisons alterner entre les hommes, Dieu sachant[xlv] ceux qui croient et choisissant parmi vous des témoins,[xlvi] Dieu n’aime point les iniques, [140] Il met ainsi à l’épreuve[xlvii] ceux qui croient et Il anéantit les dénégateurs. [141] Ou bien, escomptiez-vous que vous entreriez au Jardin sans que Dieu ne sache ceux qui de vous auront lutté et ne sache qui sont les persévérants ! [142] Vous souhaitiez la mort avant que vous ne lui fassiez face, mais vous l’avez certes vue, et vous fûtes alors dans l’expectative. [143] Muhammad n’est qu’un messager, ont passé avant lui les messagers. Si donc il mourait ou venait à être tué, tourneriez-vous les talons ? Qui ainsi reviendra sur ses pas ne nuira à Dieu en rien, mais Dieu rétribuera les reconnaissants. [144] Nul être ne saurait mourir sans que ce soit de par l’autorisation de Dieu selon un arrêté déterminé ; et qui désire profit d’ici-bas, Nous lui en accorderons, et qui désire récompense de l’Autre-monde, Nous lui en accorderons ; Nous rétribuerons les reconnaissants. [145]

§ 3 : Foi & soutien au Prophète

– Que de prophètes avec lesquels combattirent de nombreux gens de piété sans qu’ils ne fléchissent quant à ce qui les atteignit pour la cause de Dieu, point ils ne faiblirent et point ne s’abaissèrent, et Dieu aime ceux qui sont persévérants. [146] Leur seul dire était : « Seigneur ! Pardonne-nous nos péchés et les excès en notre conduite, affermis nos pas  et assiste-nous afin que nous ne soyons point au nombre des gens ingrats ! »[xlviii] [147] Alors Dieu leur accorda gain d’ici-bas et excellente récompense dans l’Autre-monde, et Dieu aime les bienfaisants ! [148] Ô vous qui croyez ! Si vous obéissiez à ceux qui dénient la Foi, ils vous feraient retourner sur vos pas et vous redeviendriez égarés, [149] mais Dieu est votre Allié et Il est le meilleur des soutiens ! [150] Nous jetterons l’effroi dans le cœur de ceux qui dénient du fait qu’ils associent à Dieu ce sur quoi Il n’a conféré aucune autorité. Leur seul refuge sera le Feu, et quel détestable Séjour que celui des injustes ! [151]

Chapitre IX ; § 1 : Foi & non-Foi, la confrontation avec les polythéistes à Uḥud

– Certes, Dieu a tenu envers vous Son engagement tant que vous les faisiez périr, avec Sa permission, jusqu’à ce que vous mollissiez et vous disputiez quant à l’ordre donné et que vous désobéissiez après qu’Il vous eut laissé entrevoir ce dont vous êtes épris ; tel parmi vous désire ce bas-monde et tel parmi vous désire l’Autre-monde. Alors, Il vous a fait reculer devant eux afin de vous éprouver – mais certes Il vous a pardonné, car Dieu est Tout de grâce envers les croyants – [152] quand vous dévaliez sans vous retourner sur personne et que le Messager vous appelait sur vos arrières. Dieu vous a ainsi rendu la pareille, affliction sur affliction, afin que vous n’ayez pas à vous attrister de ce qui vous a échappé comme de ce qui vous a atteint ! Dieu de ce que vous œuvrez est parfaitement informé. [153] Plus tard, Il fit descendre sur vous, après l’affliction, un sentiment de sécurité comme une langueur qui s’empara d’une partie d’entre vous tandis qu’une autre partie se préoccupait d’elle-même. Ils pensent sur Dieu autre chose que la vérité, une pensée du paganisme. Ils disent : « Sommes-nous pour quelque chose en ce commandement ? » Réponds : « Le Commandement est entièrement à Dieu. » Ils cachent en eux-mêmes ce qu’ils ne veulent point te dévoiler, ils disent : « Si nous avions eu part en ce commandement, des nôtres n’auraient point été tués ici ! » Réponds : « Eussiez vous été en vos demeures que ceux pour qui cela eut été décrété auraient été rattrapés par la mort jusque dans leurs couches. » Il en fut ainsi afin que Dieu tentât ce qui était en vos poitrines et qu’il éprouvât ce qui était en vos cœurs ; Dieu est parfaitement Savant de ce que recèlent les cœurs. [154] Certes, ceux qui d’entre vous se replièrent le jour où se firent face les deux troupes, le Shaytân les fit trébucher seulement en raison d’une partie de ce qu’ils avaient commis. Mais, certes, Dieu leur a fait grâce ; Dieu est Tout pardon, Longanime. [155]

§ 2 : Foi & mort pour la cause de Dieu

– Ô croyants ! Ne soyez point comme ces dénégateurs qui disaient de leurs frères parcourant la Terre en incursion ou pour razzier :  « S’ils étaient restés chez nous, ils ne seraient pas morts ou n’auraient point été tués. » Dieu en fit cause de regret en leurs cœurs ; Dieu fait vivre et mourir, et Dieu de ce que vous œuvrez est parfaitement clairvoyant. [156]Et si vous êtes tués pour la cause de Dieu ou que vous trouviez la mort, pardon de Dieu et miséricorde valent vraiment plus que tout ce qu’ils amassent. [157] Que vous mouriez ou que vous soyez tués, c’est certes par devers Dieu que vous serez rassemblés. [158] 

§ 3 : Foi & soutien de Dieu

– C’est de par une miséricorde de Dieu que tu as fait montre de souplesse à leur égard, car si tu avais été rude et dur de cœur ils se seraient dispersés loin de toi. Fais-leur donc grâce et demande pardon pour eux, et consulte-les pour le commandement, mais, lorsque tu as pris ta décision, place ta confiance en Dieu ;  Dieu aime ceux qui Lui font confiance. [159] Si Dieu vous apporte son soutien, nul ne l’emportera sur vous, mais, s’Il vous délaissait, qui donc pourrait vous secourir après cela ! Et c’est en Dieu que les croyants placent leur confiance. [160] Le Prophète ne peut trahir pour du butin ! Qui pour cela trahit, viendra avec ce qu’il a ainsi pris au Jour de la Résurrection, puis chaque être sera rétribué de ce qu’il aura acquis, et ils ne seront point lésés. [161] Celui donc qui s’attache à la satisfaction de Dieu serait-il comme qui s’attire courroux de la part de Dieu et dont le seul refuge sera la Géhenne – et quel détestable devenir ! [162] Ils n’ont point mêmes degrés auprès de Dieu ! Dieu voit clairement ce qu’ils œuvrent. [163]

§ 4 : Foi & refus de la cause de Dieu

– Assurément, Dieu a gratifié les croyants lorsqu’Il a dépêché auprès d’eux un messager des leurs ; il leur récite Ses versets, les accroît en pureté, leur enseigne le Livre et la Sagesse bien qu’ils fussent auparavant en un égarement manifeste. [164]  Aussi, pourquoi lorsque vous a frappé un coup dur, que vous aviez pourtant infligé au double, avez-vous dit : « Comment cela ! » Réponds : « Cela vient de vous ! Dieu a sur toute chose pouvoir. » [165] Et ce qui vous a frappé le jour où se firent face les deux troupes n’eut lieu que par approbation de Dieu afin que le sachent les croyants [166] et que le sachent ceux qui ont dissimulé leur opposition.[xlix] Il leur avait été dit : « Venez combattre pour la cause de Dieu, ou défendez ! » Ils ont répondu : « Si nous savions combattre,[l] nous vous suivrions sûrement. » De la dénégation, ce jour-là, ils furent plus prés que de la foi. Ils disaient de leurs bouches ce qui n’était point en leurs cœurs ; Dieu sait parfaitement ce qu’ils dissimulaient. [167] C’étaient eux qui disaient de leurs frères – tout en étant restés sur place – : « S’ils nous avaient obéi, ils n’auraient point été tués. » Dis : « Écartez donc de vous la mort, si vous dites vrai ! » [168] 

 § 5 : Foi, & récompense pour la cause de Dieu

– Et ne considère point que ceux qui ont été tués pour la cause de Dieu sont morts. Au contraire, ils sont vivants auprès de leur Seigneur, ils reçoivent subsistance. [169] Comblés de ce que Dieu leur a accordé de Son Bienfait, ils se réjouissent pour ceux qui ne les ont point encore rejoints parmi leurs successeurs de ce qu’il n’y aura nulle crainte pour eux et qu’ils ne seront point affligés. [170] Ils se réjouissent d’une grâce et d’un bienfait de Dieu et de ce que Dieu ne délaisse point le salaire des croyants, [171]  ceux qui répondirent à Dieu et au Messager après qu’ils eussent été frappés par la douleur. À ceux d’entre eux qui agirent en bien et craignirent pieusement : don magnifique. [172] Ceux à qui les gens dirent : « Certes les hommes se sont ligués contre vous, redoutez-les ! », mais cela ne fit alors qu’accroître leur foi, et ils répondirent : « Dieu nous suffit ! Il y a-t-il meilleur garant !» [173] Ils se tournèrent ainsi vers une grâce de Dieu et un bienfait, nul mal ne les toucha, ils s’attachèrent à la satisfaction de Dieu ; Dieu est Détenteur de l’immense grâce ! [174] Le Shaytân n’est pas autrement : il rend peureux ses compères. Ne les craignez pas, mais craignez-Moi si vous êtes croyants. [175] Que ne t’affligent point ceux qui rivalisent dans le déni de Foi, ils ne nuisent à Dieu en rien. Dieu veut ne leur attribuer aucune part dans l’Autre-monde, et ils subiront un tourment immense. [176] En vérité, ceux qui échangent la foi contre le déni ne nuisent à Dieu en rien, et ils subiront un tourment terrible. [177] Que les dénégateurs ne considèrent point que le fait que Nous les laissions jouir un temps soit un bien pour eux. Nous leur accordons jouissance qu’afin qu’ils croissent encore en ignominie, et ils subiront un tourment infamant. [178] Dieu ne laissera point les croyants en la situation où vous êtes tant qu’Il n’aura pas distingué l’ignoble du noble. Dieu ne vous découvrira point l’Inapparent, mais Dieu choisit parmi Ses messagers qui Il veut. Croyez donc en Dieu et Ses messagers et, si vous croyez et craignez pieusement, vous aurez un salaire immense. [179]

Chapitre X ; §1 : Non-Foi, amour du monde & rejet de la Révélation

– Que ne considèrent point ceux qui sont avares de ce que leur donne Dieu de par sa Grâce que cela est un bien pour eux. Bien au contraire, cela est un mal pour eux ! Au Jour de la Résurrection, ils seront cernés[li] par ce dont ils avaient été avares, car à Dieu revient l’Héritage des Cieux et de la Terre ; Dieu de qu’ils œuvrent est parfaitement informé. [180] Dieu a certainement entendu  le propos de ceux qui dirent : « Dieu serait-il pauvre et nous riches… » Nous inscrirons ce qu’ils ont dit en sus de leur assassinat des prophètes[lii] en dépit de la vérité, et Nous dirons : « Goûtez le Tourment des flammes, [181] cela du fait de ce que vos mains ont accompli, car Dieu ne lèse point les serviteurs. » [182] Ceux qui aussi  disent: « Dieu nous a engagés à ne point croire en un messager jusqu’à ce qu’il ne nous apporte un sacrifice dévoré par le feu.[liii] » Réponds : « Vous sont certes parvenus des messagers avant moi avec des preuves et aussi ce que vous venez de dire, alors pourquoi donc les avoir assassinés si vous étiez sincères ! » [183] Et, s’ils te récusent, ont déjà été récusé des messagers avant toi qui leur avaient apporté les claires manifestations ainsi que les Écritures[liv] et le Livre éclairant. [184] Tout être goûtera la mort, et vous ne recevrez que votre exacte récompense le Jour de la Résurrection. Qui aura été écarté du Feu et entrera au Jardin aura certes réussi, la vie d’ici-bas n’est que jouissance illusoire ! [185] Certes, vous êtes éprouvés en vos biens et vos personnes et vous entendez[lv] de la part de ceux qui ont reçu le Livre avant vous, ainsi que de la part de ceux qui donnent des associés à Dieu, beaucoup de mal. Mais, si vous endurez et craignez pieusement, telle est la ferme résolution à prendre en toutes affaires ! [186] Lorsque Dieu prit acte de l’engagement de ceux qui avaient reçu le Livre : « Vous l’exposerez clairement aux hommes et point ne le tiendrez caché », ils le jetèrent plutôt derrière leur dos l’estimant à peu de valeur. Quel mauvais marché firent-ils ! [187]  N’escompte point que ceux qui se réjouissent de ce qui eut lieu et aiment être loués pour ce qu’ils n’ont point fait, n’escompte donc point qu’ils seront à l’abri du Tourment : ils subiront un tourment terrible. [188]  

§ 2 : De la foi de tous les croyants

– À Dieu l’empire sur les Cieux et la Terre, Dieu a sur toute chose pouvoir ! [189] En vérité, en la création des Cieux et de la Terre, en l’alternance des nuits et des jours ; en tout cela, certes, des Signes pour les doués de raison. [190] Ceux qui se rappellent Dieu debout, assis, allongés sur le côté, et méditent sur la création des Cieux et de la Terre : « Seigneur ! Tu n’as point créé cela en vain ! Gloire à Toi ! Préserve-nous du tourment du Feu[lvi] !  [191] Seigneur ! Celui que Tu fais entrer dans le Feu, Tu l’as vraiment avili ; et les iniques n’auront point de défenseurs. [192]  Seigneur ! Nous avons entendu un proclamateur qui invite à la foi : Croyez en votre Seigneur. Et nous avons cru.  Seigneur ! Pardonne-nous donc nos fautes, rachète nos mauvaises actions et accueille-nous parmi les vertueux ! [193] Seigneur ! Accorde-nous ce que Tu nous as promis de par Tes messagers et ne nous avilis point au Jour de la Résurrection ; Toi,  certes, tu ne faillis point à la Promesse ! [194] Leur Seigneur leur a d’ores et déjà répondu : « Je ne laisse perdre aucun acte de qui le réalise parmi vous, homme ou femme, les uns comme les autres ».

§ 3 : Récompense de la foi des premiers musulmans & des Gens du Livre

– Et quant à ceux qui ont immigré et ont été expulsés de leurs demeures, ceux qui ont souffert pour Ma cause, ceux qui ont combattu, ceux qui ont été tués, Je rachèterai certes leurs mauvaises actions et les ferai très certainement entrer en des jardins au pied desquels coulent ruisseaux en tant que récompense de la part de Dieu, et Dieu a auprès de Lui l’excellente récompense ! [195] Que ne te trompe pas l’affairisme de ceux qui dénient dans le pays, [196]  maigre jouissance,  puis leur refuge sera la Géhenne – et quelle détestable couche ! [197] Mais, ceux qui craignent pieusement leur Seigneur auront des jardins au pied desquels coulent ruisseaux, ils y demeureront, hospitalité de la part de Dieu, et ce qui est auprès de Dieu est le meilleur pour les vertueux ! [198]  Et, certes, il en est parmi les Gens du Livre qui croient en Dieu et en ce qui vous a été révélé comme en ce qui leur a été révélé. Humbles envers Dieu, ils ne vendent point les versets de Dieu à vil prix ; ceux-là, leur salaire est auprès de leur Seigneur, et Dieu est prompt au Compte ! [199] Ô croyants ![lvii] Soyez patients, persévérez, soyez fermes, craignez pieusement Dieu, puissiez-vous réussir ! [200]

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Notes :

[i] Le terme furqân/critère, moyen de discernement, discernement, désigne parfois le Coran, comme en S25.V1, nous l’écrivons alors avec une majuscule : Critère. Mais, ici, ce terme s’applique au Coran, la Thora et l’Évangile précédemment cités, d’où notre critère sans majuscule.

[ii] Ce segment a été traduit de diverses manières, mais ici ce sont les faibles qui voient les autres plus nombreux qu’ils ne le sont, car Dieu assiste les faibles et non les forts. L’Exégèse contextualise ce verset y voyant une allusion à la confrontation des musulmans et de Quraysh à Badr, mais rien ne permet contextuellement de l’affirmer, il doit donc être compris de manière générale.

[iii] Pour le sens de ce verset et, surtout, celui de notre écriture inclusive : « des conjoint(e)s pur(e)s », voir : S2.V25.

[iv] « J’ai remis mon être à Dieu/aslamtu », voir : Le terme islâm selon le Coran : l’Islam-relation. Pour la déconstruction de la surinterprétation classique de ce verset et ses sévères conséquences, voir : S3.V19.

[*] Si nous proposons la traduction du pluriel ummiyyîn par « ceux qui sont sans Écritures », c’est qu’en ce verset considéré contextuellement il apparaît que les polythéistes arabes ne peuvent être concernés, ce qui écarte de fait la traduction par païens ou Gentils. D’autre part, nous sommes clairement en un contexte de polémique théologique judéo-chrétienne et le ton général est très ouvert, ce qui donne deux raisons rendant peu probable l’emploi du sens illettrés ou analphabètes. De plus, l’on note qu’au v19 le débat concerne Muhammad et la catégorie dite des Gens du Livre, la mention des ummiyyîn au v20 vise donc logiquement et manifestement une catégorie de Gens du Livre complémentaire. Selon le Coran, mais aussi selon les historiens, nous savons qu’il existait en Arabie des “sectes” que l’on peut qualifier de judéo-chrétiennes, mouvements que le Coran nomme aṣ–ṣâbi’în et qu’il assimile à trois reprises à des monothéistes : S2.V62 ; S5.V69 ; S22.V17. En fonction de la somme de ces éléments, nous supposons donc que le pluriel ummiyyîn qualifie des croyants étant directement en controverse au temps d’énonciation du verset avec Muhammad ou que l’ajout-interpolation du terme ummiyyîn indique que Muhammad aura à soutenir la même thèse à leur encontre. S’il s’agit de croyants monothéistes distincts des juifs et des chrétiens de Médine – dont le lien scripturaire est sans cesse souligné par la locution Gens du Livre – c’est donc qu’il s’agit de mouvements ou sectes monothéistes ne se référant pas nécessairement à une Écriture dite sacrée, en ce cas  le terme ummiyyîn s’entend bien par « ceux qui sont sans Écritures ». Pour une analyse complète du terme ummiyy dans le Coran, voir : L’Annonce de Muhammad dans la Bible.

[v] Dans le Coran le pluriel anbiyâ’ n’est employé qu’au sein d’un même trope : « ils assassinèrent les prophètes ». Il s’agit du sort funeste de certains prophètes dits d’Israël tels Isaïe, Jérémie, Ézéchiel, Michée, Amos, Zacharie, Jean-Baptiste. Le pluriel anbiyâ’ est donc à rattacher à la racine hébro-araméenne nabâ alors que le pluriel nabiyîn : envoyés ou prophètes dérive de la racine arabe naba’a : paraître, annoncer.

[vi] « Livre » avec une majuscule désigne le Livre archétype/umm al–kitâb qui est le référent de toutes les révélations. Ici, « livre de Dieu » avec une minuscule désigne la Thora.

[vii] Dans le contexte, cette phrase est prêtée aux juifs . En S2.V80 où l’on retrouve mot-à-mot l’affirmation « le Feu ne nous touchera que jours comptés », celle-ci vise par contre aussi bien le séjour temporaire des juifs dans la Géhenne [cf. Eduyot 2 ; 10] que le Purgatoire du christianisme.

[viii] « a rompu avec Dieu » traduit autant que faire se peut la locution nominale laysa min–allâhi fî shay’. Toute alliance politique avec les polythéistes est considérée comme un choix qui n’est en rien validé par Dieu et ne relève en rien de la foi et du comportement d’un croyant. En ce contexte, awliyâ’ signifie bien évidemment alliés et non pas amis, ce type de restriction coranique est toujours d’ordre politico-militaire et ne remet donc absolument en cause des amitiés avec des non-musulmans…

[ix] Contrairement à ce qu’affirme l’Islam, ce type de verset  est d’ordre politico-militaire et sans aucun rapport avec une quelconque notion de Sunna prophétique que l’on devrait suivre, voir :  La Sunna selon le Coran et en Islam, fonction et mission du Messager.

[x] Par « certains descendants d’entre eux » nous traduisons dhuriyyatan ba‘u-hâ min ba‘. Les traductions proposant un « en tant que descendants les uns des autres » veulent insinuer l’idée d’une lignée prophétique qui descendrait d’Adam jusqu’à donc Muhammad. Mais, en ce verset, il s’agit uniquement de dire que c’est seulement certains des descendants de « la lignée d’Abraham et la lignée de ‘Imrân » qui bénéficieront de la prophétie. Nous avons par ailleurs montré qu’Adam n’était pas le premier homme et, conséquemment, le premier prophète, cf. S2.V30 et suivants.

[xi] « cellule » traduit contextuellement le terme mirâb. L’accès au Temple de Jérusalem en lequel Zacharie servait était interdit aux femmes, il est donc erroné de traduire mirâb par Temple, Sanctuaire ou autre Saint des Saints. Conformément à l’étymologie ḥimyarite du mot mirâb, il s’agit d’un lieu où l’on se retire et puisque Marie était sous la garde de Zacharie elle a pu séjourner dans une cellule aux abords du Temple, voire percée en sa muraille, en somme l’usage d’une cellule monacale.

[xii] Le terme mirâb désigne à présent logiquement le Sanctuaire, c’est-à-dire le lieu en lequel on priait au Temple de Jérusalem.

[xiii] « confirmateur d’un Verbe de Dieu », il s’agit de l’annonce indirecte de Jésus. Sur le sens de la locution Verbe de Dieu, voir : La Trinité selon le Coran et en Islam. « noble » traduit ici sayyd car Jean le Baptiste appartenait au Cohen, famille ayant la charge héréditaire cléricale dans le judaïsme.

[xiv] « baguettes/aqlâm », soit il s’agit d’un tirage au sort, soit plus vraisemblablement d’une consultation d’augure à l’aide de baguettes de bois type baguettes d’achillée.

[xv] Cette donnée et celles qui font suite en ce chapitre sont retrouvées dans le Protévangile de Jacques.

[xvi] « Jugement » pour kitâb, car Livre ici ne ferait pas sens puisqu’il est ensuite mentionné la Thora et l’Évangile tous deux issus originellement du Livre archétype.

[xvii] Modeler, en fonction du sens premier de khalaqa/donner la mesure à une chose, façonner, ce n’est que par extension théologique qu’on lui donna le sens de créer.

[xviii] « ce que vous dépensez ou amassez en vos temples ». Nous avons traduit le pluriel buyût par temples, sens bien connu puisque le singulier bayt désigne dans le Coran le Temple de Dieu : la Kaaba.  Il s’agit ici d’une charge contre le clergé juif et non d’une ridicule divination du contenu des maisons juives !

[xix] Selon la logique du Coran, ne sont pas ici visés les interdits énoncés dans la Thora, mais ceux surajoutés postérieurement par le judaïsme. Il s’agit encore d’une charge anticléricale.

[xx] « assujettis » est le sens premier de muslimûn en tant que participe de aslama, voir : Le terme islâm selon le Coran : l’Islam-relation. Notons que nous avons en conséquence traduit le pluriel awâriyyûn par disciples et non par apôtres, car rien ici ne permet d’affirmer qu’il s’agissait des douze apôtres de Jésus.

[xxi] Voir : La Crucifixion de Jésus selon le Coran et en Islam.

[xxii] D’ordinaire : « Il leur donnera ». Par « Nous leur donnerons », nous suivons une variante de récitation qui nous semble plus cohérente.

[xxiii] Ici à nouveau le sens premier de khalaqa, voir note 17. Le point commun entre la création d’Adam et de Jésus n’est pas le modelage argileux d’un prototype, mais le fait que tous deux ont été existenciés de manière sur-naturelle par la Parole existenciatrice de Dieu : « « Sois ! ».

[xxiv] L’Exégèse rapporte que ce verset relate un épisode de controverse lors de la venue à Médine d’une délégation de chrétiens monophysites de Najran et l’ordalie/mubâhala qui s’ensuivit. Rien ne l’indique et, au contraire, nous savons que le Coran condamne vigoureusement le monophysisme, arguments à l’appui, en ce cas nul besoin de recourir au procédé non dialogique auquel ce verset fait référence, voir : Les trinités selon le Coran et en Islam. Il s’agit bien plus vraisemblablement de l’allusion à une des nombreuses controverses théologiques entre les chrétiens médinois et Muhammad. L’histoire musulmane a tellement ignoré la présence des chrétiens à Médine pour mieux cibler un seul ennemi intérieur : les juifs, qu’elle est ici dans la quasi obligation d’imaginer que ces chrétiens venaient de l’extérieur…

[xxv] « maîtres » pour le pluriel arbâb et non pas seigneurs. Encore une dénonciation de l’autorité cléricale en ce qu’elle est responsable des dérives théologiques par rapport à la simplicité du message monothéiste révélé.

[xxvi] « assujettis », là encore sens premier de muslimûn, cf. note 20, assujettis à Dieu en opposition avec l’assujettissement aux autorités religieuses.

[xxvii] Pour la traduction de anîfan par exclusivement, voir : S2.V135.

[xxviii] C’est-à-dire : que la révélation reçue par Muhammad confirme ce que vous avez reçu en vos Écrits révélés ou bien qu’elle apporte des arguments contre votre théologie.

[xxix] « Gentils », c’est-à-dire les non-juifs, mais aussi les païens lorsque ce terme était réemployé par les chrétiens est ici une des significations indiscutables du pluriel ummiyyûn. Pour les autres significations, voir : L’Annonce de Muhammad dans la Bible.

[xxx] Le terme kitâb désigne ici contextuellement et sans ambiguïté la Bible. Sans doute une charge anticléricale contre les extrapolations des exégètes juifs et chrétiens et une mise en garde anticipée contre le même travers chez les exégètes musulmans.

[xxxi] Le pluriel arbâb, déjà rencontré au v64, signifie maîtres et, comme M. Gloton l’a souligné, plus précisément encore maîtres enseigneurs. Si donc il ne doit pas être admis qu’un messager de Dieu puisse délivrer un enseignement lui étant propre, c’est-à-dire en dehors du Message révélé, ceci implique que la notion d’enseignement de la Sunna attribuée par l’Islam à Muhammad est ici par avance désavouée. Sur ce sujet sensible, voir : La Sunna selon le Coran et en Islam, fonction et mission du Messager.

[xxxii] Le terme muslimûn s’entend ici selon sa signification néologique coranique : s’en remettre à Dieu, voir :  Le terme islâm selon le Coran : l’Islam-relation.

[xxxiii] « le pacte des prophètes/mithâq an–nabiyyîn ». Ce concept coranique est essentiel, il fonde ontologiquement la continuité des notions de foi et de voie monothéistes.  Le Pacte des prophètes est le complément appliqué du Pacte primordial, lequel justifie la Foi ontologique à l’Homme, cf. Foi et non-foi, îmân et kufr selon le Coran et en Islam ; S7.V172. En substance, le Pacte des prophètes postule de ce que la succession des messagers de Dieu réalise une chaîne dont chaque maillon rappelle le message délivré par ses prédécesseurs : l’unicité de Dieu, la nécessité de croire en Lui et d’agir en bien, l’inéluctabilité du Jour du Jugement. Selon le Coran Muhammad est le dernier prophète du cycle, cf. Muhammad Sceau des prophètes. L’Exégèse égare le sens en affirmant que le segment  « et qu’ensuite vienne à vous un messager confirmant ce que vous détenez » indique que la mission de tous les prophètes était d’annoncer la venue de Muhammad ! En réalité, la lecture croisée avec S33.V7 où il est explicitement mentionné que Muhammad a lui aussi contracté ce Pacte et par exemple celle de S7.V157 où est retrouvé mot à mot l’expression « vous devrez croire en lui et l’assister » permet de comprendre que cette attitude est une insertion, rendue possible par la nature atemporelle du propos et adressée aux  croyants de tous les temps.

[xxxiv] Israël dans le texte, autre nom de Jacob.

[xxxv] Pour la traduction de ḥanîfan par exclusivement, voir : S2.V135.

[xxxvi] « qui est en mesure de trouver vers lui un chemin ». Voir l’article Bakka ou Makka ? ; S3.V96-97 qui montre que cette réserve ne concerne pas le pèlerinage à La Mecque, mais celui au Temple de Jérusalem. En effet, l’Islam conféra au Pèlerinage un caractère obligatoire qu’il dut nécessairement par la suite modérer, il a donc compris ce passage comme relatif au dit Pèlerinage avec le  sens de « qui a les moyens [financier] de se rendre vers lui », c’est-à-dire le Temple de la Kaaba selon la logique propre à l’Islam.

[xxxvii] C’est-à-dire une alliance contractée avec les hommes au nom de Dieu.

[xxxviii] Cf. note 5.

[xxxix] Deux variantes de récitation ici s’opposent ! Soit on lit « quelque bien qu’ils fassent/yaf‘alû, il ne leur sera pas dénié/yukfarû, soit : « quelque bien que vous fassiez/taf‘alû il ne vous sera pas dénié/tukfarû. Techniquement, à partir du corps consonantique des deux verbes de cette phrase l’on a placé deux points diacritiques soit au-dessous : yaf‘alû/ يَفْعَلُوا et yukfarû/يُكْفَرُوا, soit au-dessus : taf‘alû/ تَفْعَلُوا et tukfarû/تُكْفَرُوا. Dans le contexte d’énonciation de ce verset, la première variante signifie que le bien accompli par les Gens du Livre leur sera compté au Jour du Jugement, la seconde indique que quelque bien que vous fassiez, c’est-à-dire vous les musulmans, il vous sera compté, signification alors totalement décontextualisée. Quand on sait le combat mené par l’Orthodoxie pour excommunier toute religion autre que l’Islam, l’on comprend que la deuxième variante n’est pas le fruit du hasard, mais le signe d’une volonté exégétique déterminée à détourner le sens coranique qui, présentement, est pourtant explicite dans sa louange des vertus des Gens du Livre !

[xl] Les vs121-122 évoquent les évènements de Uḥud, mais le paragraphe fait allusion à la bataille de Badr en tant que rappel de la confiance que les compagnons du Prophète devaient avoir en Dieu.

[xli] Notre traduction met en évidence l’aspect purement rhétorique de l’allusion à la participation d’anges lors de la bataille de Badr. Elle évite ainsi les improbables spéculations que la légende et le mythe ont ici greffées sur le rationalisme coranique.

[xlii] « qu’Il allège leur sort » pour yatûba ‘alayhim. Les traductions donnent : « qu’Il accepte leur repentir », ce qui ne fait absolument pas sens s’agissant des combattants polythéistes dont il est ici question.  Nous avons donc ici retenu des sens premiers moins connus de la racine tâba/yatûba.

[xliii] « Il pardonne à qui veut et châtie qui veut ». Pour l’explication de ce syntagme d’ordinaire compris et traduit par « Il pardonne à qui Il veut et châtie qui Il veut », voir le paragraphe Justice divine ou arbitraire divin en l’article Destin et Libre arbitre selon le Coran et en Islam.

[xliv] « civilisations » pour sunan. Si le terme civilisation n’existait pas à l’époque coranique, ce sens est cependant donné de manière explicite en S30.V9.

[xlv] « Dieu sachant ceux qui croient ». Généralement ce segment est traduit par « afin que Dieu sache ceux qui ont cru ». Or, Dieu, en Sa Science, sait toute chose et n’a donc pas besoin de susciter des évènements afin de pouvoir discerner ce qu’Il aurait ignoré. Il s’agit donc ici d’un subjonctif dégradé typiquement coranique qui s’entend tel que nous l’avons mis en évidence.

[xlvi] « témoins » pour shuhadâ’. Ce pluriel dérive de la racine shahada : témoigner et le traduire par martyrs est un contresens coranique uniquement basé sur la martyrologie que l’Islam développa bien après le Coran.

[xlvii] « Il met ainsi à l’épreuve ». En fonction du v143 et sqq. le sens du verbe maḥḥṣa est ici mettre  à l’épreuve.

[xlviii] « au nombre des gens ingrats ». Pour l’explication de notre traduction, voir S2.V286.

[xlix] « ont dissimulé leur opposition » pour al–ladhîna nâfaqû. Il ne s’agit pas d’hypocrites au sens théologique, mais politique. Sur la différence terminologique établie entre nifâq/hypocrisie et munâfiq/opposant, voir : S2.V8-10.

[l] Pas d’autre sens ici disponible pour la forme I dafa‘a, nombre de traductions traduisent la forme II !

[li] « ils seront cernés » traduction littérale qui évite l’imagerie véhiculée ici par l’Exégèse et le Hadîth.

[lii] Voir note5.

[liii] Autrement dit, un holocauste.

[liv] « Écritures » pour zubur. En effet, psaume au sing. se dit zibr et au pluriel zubûr/Psaumes. Par contre, zubur est le pluriel de zabûr : l’écrit, l’écriture.

[lv] Ces verbes ne sont pas au futur et n’annoncent donc pas des relations constamment houleuses avec les Gens du Livre comme le veut l’Exégèse. Il s’agit seulement d’un constat de fait au moment coranique.

[lvi] Toute la téléologie coranique en une phrase prononcée par les doués de raison !

[lvii] Dans le contexte, ce point d’orgue coranique concerne tous les croyants et pas uniquement les musulmans.