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S2.V178-179

Ces versets  appartiennent à un long paragraphe qui est structurellement le parallèle du § 2 Chapitre 4[1] lequel, au travers de l’évocation de « L’histoire fondatrice du judaïsme », rappelait les réticences des Fils d’Israël à adopter la réforme monothéiste apportée par Moïse. Nous l’avons dit, ce Chapitre 7 est consacré aux linéaments du proto-islam et, analogiquement, il mettra donc en évidence les réticences des primo- musulmans à intégrer la révolution coranique. Le paragraphe 1 : « De l’Interdit et du Tabou » évoquait leurs réticences à accepter la suppression des tabous traditionnels, le présent : « Du Livre et de la Coutume » traitera de l’opposition entre la Révélation et la Tradition et critiquera trois éléments constitutifs de la bédouinité : le code d’honneur [al–murû’a], la vengeance du sang [ath-tha’r], la succession [al–warth].

 « Ô vous qui croyez ! Il vous est prescrit le Dédommagement en cas d’homicide : l’homme libre pour l’homme libre, l’esclave pour l’esclave, la femme pour la femme. Quant à celui dont le frère lui aura fait grâce en quelque manière, alors observance convenable et règlement à l’amiable. Ceci est un adoucissement de la part de votre Seigneur et une miséricorde et, qui commettra une agression après cela, encourt un tourment terrible. [178] Il y a pour vous une vie  dans le Dédommagement , ô doués de raison, puissiez-vous pieusement craindre. [179] »

Autant le verset précédent a été dénommé justement « Verset de la piété », cf. S2.V177, autant ceux-ci sont improprement qualifiés de « Versets du Talion ». En effet, pareillement, ce troisième alinéa du paragraphe 2 envisage au nom de la Révélation la critique de la Coutume et, présentement, ce que les Arabes appelaient ath–tha’r ou vengeance du sang, sorte de vendetta bédouine qui sévissait dans l’Arabie antéislamique et de nombreuses autres contrées antiques. Cette coutume tribale n’était pas un “talion arabe”, car elle ne compensait pas une vie par une autre, ou celle du tueur par celle du tué, mais pouvait s’étendre aux ascendants et descendants du coupable jusqu’au cinquième degré et perdurer sur des générations. Cette vengeance d’honneur pouvait être éteinte par le versement du « prix du sang » ou diya. Le tha’r ne concernait donc que les cas d’homicides volontaires et, en disant : « il vous est prescrit[2]en cas d’homicide », le Coran vise donc cette coutume archaïque. Le terme qatlâ/homicide est un pluriel qui signifie : tous les tués, ce qui ne préjugerait pas a priori de la nature de l’homicide ni du champ d’application du qiṣâṣ lequel s’avérera en la conclusion de ce verset ne valoir que pour les homicides volontaires.[3] Le terme qiṣâṣ n’est pas synonyme de Talion qui se dit en arabe intiqâm, poursuite vengeresse, ou, plus techniquement, qawad[4], le mot qiṣâṣ devait ainsi être nécessairement compris par les réceptionnaires de la Révélation, c’est-à-dire faire directement sens de par son étymologie et/ou de par les commentaires que le Coran en fournit.[5] D’une part, la racine qaṣṣa connote l’idée de suivre pas à pas, et, de là, raconter un fait, la forme III qâṣṣa renforce la réciprocité et signifie : rendre la pareille, donner l’équivalent. Le nom d’action de cette forme III est qiṣâṣ, il prend donc pour sens : équivalent, contrepartie, compensation, concordance, dans le contexte nous avons retenu « Dédommagement », la majuscule marquera l’aspect conceptuel. D’autre part, le terme qiṣâṣ/dédommagement est directement commenté en ce verset puisque la locution « l’homme libre pour l’homme libre, l’esclave pour l’esclave, la femme pour la femme » ne peut que se référer à une notion de dédommagement équitable.[6] Par ailleurs, l’on trouve dans le Coran en référence à la Thora le segment suivant : « …vie pour vie, œil pour œil […] et quant aux blessures : compensation [qiṣâṣ] » où il est parfaitement explicite que par qiṣâṣ il ne soit pas question de rendre la pareille, mais de calculer la valeur du préjudice commis.[7] Il s’agit donc bien pour le Coran d’invalider la pratique séculaire dite du tha’r/vengeance du sang en cas de meurtre pour la remplacer par un dédommagement/qiṣâṣ financier qui s’appliquera de manière équivalente, quel que soit le statut du meurtrier ou de la victime, puisque tel est alors le seul sens équitable possible indiqué par le segment « l’homme libre pour l’homme libre, l’esclave pour l’esclave, la femme pour la femme ». Il faut de plus souligner que le qiṣâṣ coranique n’est pas pour autant la reconduction de la diya ou prix du sang. En effet, cette dernière évaluait le montant de l’indemnisation en fonction du rang social de la victime, alors que le Coran prône une indemnisation équitable sans distinction de classe et de genre. La justice prônée par le Coran, si elle s’oppose à l’iniquité du tha’r est aussi sans rapport avec la régulation de la violence primitive proposée par le Talion et nous constatons que cet énoncé cornique n’est en rien une reformulation du « œil pour œil » de la Thora, ni dans la forme, ni dans le fond.[8] Enfin, nous observerons que ce segment ne peut donc postuler de la mise à mort du coupable de meurtre comme principe juridique.

Au final, pour percevoir le texte coranique, il aura fallu franchir le miroir d’une triple herméneutique, 1- celle du judaïsme traditionnel qui revendiquait la lettre du Talion[9] 2- celle du christianisme qui inventa à des fins apologétiques le terme[10] et souligna la barbarie des juifs face à la miséricorde du Christ rédempteur 3- celle des doctes musulmans qui, au détriment de la Révélation, empruntèrent à ces deux cultures exégétiques ce qu’elles avaient produit de pire.

Le deuxième segment : « quant à celui dont le frère lui aura fait grâce en quelque manière, alors observance convenable et règlement à l’amiable » traite visiblement d’un aménagement possible lors de l’application du Dédommagement/qiṣâṣ. Ceci ne peut concerner le principe, mais seulement l’atténuation du montant de la réparation due. D’une certaine manière, l’on pourrait supposer que ce « Dédommagement » relève du pénal et sa mise en œuvre de la justice afin de court-circuiter la vengeance tribale, ce qui est l’objectif visé. Mais, de plus, il est offert à l’ayant droit, le « frère », la possibilité de remettre de bonne « grâce » tout ou partie du dédommagement prévu par les juges. Les raisons de ce geste ne sont pas exposées, mais l’emploi du mot « frère »[11] et du verbe ‘afâ/remettre, faire grâce de, pardonner, connote sémantiquement un climat de dépassement moral, un au delà de la soif de vengeance, fut-elle à présent purement financière. En ces conditions, qui n’annulent pas la condamnation, mais l’allègent, le coupable est tenu à « observance convenable et règlement à l’amiable », c’est-à-dire qu’il doit s’acquitter du dédommagement qui lui incombe sans que l’on ait à le contraindre. La conclusion est alors explicite : « ceci est un adoucissement de la part de votre Seigneur et une miséricorde ». C’est dire que l’abandon de la dureté et de l’iniquité du tha’r pour l’adoption du principe de « Dédommagement » est un progrès dans la voie de la justice et de l’équité et une ouverture vers une approche supérieure faite de « miséricorde », processus à même de rompre le cercle de la violence. Au segment conclusif de ce v178 : « qui commettra une agression après cela encourt un tourment terrible », le verbe i‘tadâ est le plus souvent compris comme signifiant transgresser et, donc, transgresser la “loi divine”, ce qui est traduit ainsi : « et qui transgressera après cela aura un tourment terrible ». Cependant, i‘tadâ signifie principalement être hostile, agresser,[12]d’où notre traduction : « et, qui commettra une agression après cela encourt un tourment terrible » où « après cela » représente ce qui vient d’être énoncé, à savoir que l’on appliquera ici-bas au coupable d’homicide le qiṣâṣ et/ou de son aménagement à l’amiable, mais qu’en l’Au-delà il relèvera de la justice divine et sera châtié pour le crime qu’il aura commis. Comme nous l’avions indiqué pour le se sens à donner au terme clef qatlâ en tête de ce verset, le « tourment » de l’Enfer ne peut raisonnablement concerner les homicides dits involontaires et accidentels, mais seulement l’homicide intentionnel ou meurtre. Le v179 fait office de conclusion et pose qu’il : « Il y a pour vous une vie  dans le Dédommagement , ô doués de raison, puissiez-vous pieusement craindre ». L’expression « pour vous une vie » est idiomatique et semble être coranique, mais, dans le contexte, elle est évocatrice : le principe du « Dédommagement » est équitable et applicable à tous de manière égale, il est une voie éthique contre votre propre violence et une voie concrète permettant d’enrayer la spirale de la violence engendrée par le tha’r, la vengeance du sang. Ce sens de la « vie » n’est pas sans rappeler ce que le concept d’humanisme aurait signifié avant l’heure. Il est en résonnance avec un autre passage coranique : « qui a sauvegardé une vie, c’est comme s’il avait sauvé tous les hommes… »[13] Il est à noter que le Coran justifie sa réforme en appelant à l’exercice de la raison : « ô doués de raison », ceci afin d’inciter les hommes à se remettre en cause et à comprendre la philosophie du propos coranique. Étonnante pédagogie du Coran qui se propose à la raison humaine ! De fait, s’il s’était agi d’imposer une “Loi divine”, laquelle selon la théorisation des conceptologues de la sharia suppose au contraire l’acceptation sans exercice de la raison, il n’y aurait aucun intérêt à vouloir susciter une réflexion quant aux causes et conséquences de la décision divine. Appel à la raison dont la finalité est la piété révérencielle : « puissiez-vous pieusement craindre », nous avons là un parfait exemple du mariage intime entre foi et raison selon le Coran.

En résumé, le concept coranique de qiṣâṣ/dédommagement vient abolir l’archaïque coutume du tha’r, vengeance du sang, et de son corollaire la diya ou prix du sang et propose un dédommagement équitable quelque soit le statut social de la victime et de l’assassin. Le qiṣâṣ n’est en rien l’institution ou la validation du qawad ou Talion biblique, ce n’en est donc pas non plus une amélioration ou une atténuation. De même, ce verset ne fournit aucun élément en faveur de la peine de mort en cas d’homicide. Il invoque contre la violence de l’homme la fraternité et sa capacité à la miséricorde, et oppose à la mort la vie et l’intelligence. Force est de constater que cette avancée coranique demeure le futur des musulmans et, de manière générale, de l’Humanité.

– L’Exégèse n’a pas reconnu cette précellence et a rétrogradé les objectifs coraniques à l’âge biblique en assimilant à contre-Coran le qiṣâṣ au Talion. Ce faisant, elle a exploité la polysémie de certains termes-clefs et extrêmement complexifié la compréhension du v178. En conséquence, afin de rétablir une apparence de cohérence au texte, elle a dû en abroger tout ou partie et moduler au final ledit Talion par des règles qu’elle a empruntées à l’ancienne tradition du prix du sang ou diya.[14] La résistance exégétique de notre verset a été contournée et le Droit fait le plus souvent mention et usage d’un autre verset dont la structure s’est avérée plus malléable : « Et ne portez pas atteinte à la vie que Dieu a rendue sacrée à moins que de bon droit. Et, qui aura été tué injustement, Nous avons donné autorité à son représentant. Qu’il n’outrepasse donc pas [en sa réclamation de dédommagement] quant au meurtre, car il sera ainsi soutenu.»[15] Ce verset s’inscrit dans un long chapitre mentionnant les devoirs moraux du musulman. Chronologiquement antérieur à notre v178, il évoque seulement le sujet en mettant l’accent sur l’aspect éthique quant au meurtre, tant pour l’agresseur que pour l’agressé, il prône la justice face à l’injustice, l’abandon de l’esprit de vengeance et jusqu’à toute velléité de vil profit en la voie du dédommagement. Il a malgré tout été surinterprété en fonction de la lecture pro-Talion faite de notre v178, et l’on a pu en proposer l’interprétation suivante : « Et, sauf en droit, ne tuez point la vie que Dieu a rendue sacrée. Quiconque est tué injustement, alors Nous avons donné pouvoir à son proche [c.-à-d. que le plus proche héritier a le droit de réclamer l’application de la loi du Talion] Que celui-ci ne commette pas d’excès dans le meurtre [ c.-à-d. qu’il n’a le droit de réclamer que la mort du meurtrier] car il est déjà assisté [par la Loi] ». La littéralité de notre traduction se justifie aussi en S17.V33 qui accentue le caractère subjectif de la lecture juridique classique.

Quoi qu’il en soit, l’objectif essentiel de cette démarche juridique semble avoir été la récupération de l’outil de coercition absolu que représente le Talion et la légalisation de la peine de mort. Deux instruments de pouvoir que le Coran ne fournissait pas, mais que les exégètes ont bien fini par lui arracher sous la torture textuelle et à sanctifier par l’extrême-onction du Hadîth. Il existe en effet de nombreux hadîths versés au dossier, ils n’expriment pas la lettre du Coran, mais visent seulement à valider le point de vue du Droit, c’est-à-dire : le Talion stricto sensu est la règle juridique révélée, mais le Coran propose un adoucissement en permettant à qui le souhaite d’accepter le paiement du prix du sang, diya,[16] en lieu et place de la mise à mort du meurtrier. Nous aurons montré que cette thèse défendue par les clercs de l’Islam et les musulmans à leur suite est une fiction exégétique. Par ailleurs, nous l’avons indiqué, l’Exégèse a compris la conclusion du v178 : « qui commettra une agression après cela encourt un tourment terrible », comme suit : « qui transgressera après cela aura un tourment terrible » afin de justifier a contrario de l’existence d’une “Loi divine”. Mais, à vrai dire, selon cette lecture les commentateurs n’ont jamais pu établir avec précision en quoi consistait cette transgression. Toutefois, tous ont supposé que cela impliquait un « tourment terrible » ici-bas, c’est-à-dire la peine de mort, mais non pour le meurtrier, puisqu’il est censé avoir subi le Talion, mais pour le transgresseur qui, en leur logique, et alors l’ayant droit de la victime.[17] De même, dans le segment « il  y a pour vous une vie dans le Dédommagement » la locution : « pour vous une vie » a été déviée, suivant en cela la Thora,[18] afin de donner au Talion juridiquement institué une portée plus pragmatique encore : l’institution de la peine de mort. Nous l’aurons analysé, cette justification de la violence légale est bien loin des objectifs humanistes du Coran et de son concept de « juste Dédommagement ». Enfin, nous soulignerons que l’islamologie n’a guère fourni l’effort de dédouaner le texte de cette lecture archaïque imposée par l’Islam, les apologétiques, fussent-elles contraires, ne relèvent au fond que d’une seule et même intention.

Dr al Ajamî

[1] Cf. Étude structurelle de S2 en Introduction à Sourate la Génisse.

[2] Il s’agit de la première occurrence de quatre prescriptions mentionnées en S2 : v178 ; v180 ; v183 ; v216. La prescription traduit le verbe kutiba, forme passive du verbe écrire qui, dans le Coran, prend effectivement à de nombreuses reprises le sens de prescrire dans le sens de recommander fermement par écrit, l’écrit est ici le Coran, cf. vs174 et 176, le texte coranique découlant de la Révélation. De manière identique, le verbe prescrire dérive du latin praescribere « écrire en tête » de præ [avant, devant] et scribere [écrire]. La voie passive utilise préférentiellement le mode passé, mais cela n’implique pas obligatoirement que l’action soit passée, ici : il vous a été prescrit. Au contraire, le procédé renforce l’idée d’une prescription immédiate, d’où : « il vous est prescrit ». Au final, et le fait est d’importance, l’emploi coranique du verbe prescrire n’a pas pour le Coran nécessairement un sens contraignant.

[3] Un homicide peut être volontaire, involontaire, accidentel. Mais la conclusion, pour être équitable, indique que ce verset ne traite que de l’homicide volontaire ou meurtre, sans distinguer au demeurant la notion de préméditation.

[4] Le mot qawad en fonction de la racine qâda : mener, conduire, exprime l’antique coutume des Arabes où l’on remettait le coupable entre les mains de la famille de la victime qui alors pouvait le mettre à mort ou exiger le prix du sang.

[5] Ce qui sous-entend que les sens donnés par les commentaires exégétiques, propos ou hadîths, sont a priori suspects de surconstructions post-coraniques.

[6] Il avait été parfaitement perçu par les commentateurs que cette expression ne pouvait être comprise littéralement selon l’idée biblique de la lex talionis, car qui si tuer un homme libre pour un homme libre tué par un homme libre serait possible, qui tuer lorsqu’il s’agit par exemple d’un esclave ayant tué un homme libre, car tuer un esclave [c.-à-d. l’esclave pour l’esclave] alors que la victime est un homme libre n’est pas équitable.

[7] Cf. S5.V45. Ce verset n’évoque pas la mention du Talion dans la Thora, mais inverse en réalité l’énoncé de Lévitique XXIV, 17-21, ce qui en renverse totalement la signification. Une autre occurrence se trouve en S2.V194 où le sens de qiṣâṣ est à l’évidence une compensation terme à terme, une équivalence.

[8] Nous avons signalé en note que le Coran ne mentionnait le fameux « œil pour œil », S5.V45, qu’en tant que citation de la Thora et non pas en tant que principe à admettre. En réalité, ce verset indique que la conception du Talion au sein des Gens du Livre relève d’une interprétation erronée, cf.

[9] Il est clair que le judaïsme ancien comprenait le Talion tel qu’il avait été édicté par le Code de Hammourabi, Exode XX1, 23-27. Par suite, le judaïsme talmudique évolua vers le remplacement du “Talion vrai”, c’est-à-dire littéral, par l’établissement d’un système de compensation ou dédommagement comme l’indiquent les interprétations de Lévitique XXI, vs22 et 30.

[10] Lex talionis ou Loi du Talion dérive du latin talis signifiant tel et exprimant l’équivalence. Le christianisme a appuyé son point de vue par trop caricatural quant au Talion hébraïque sur Matthieu : V, 38-39, versets au demeurant nettement surinterprétés.

[11] L’Exégèse, tout a son ouvrage, n’a pas voulu ici voir la dimension éthique du mot « frère » en ce verset qui, effectivement, ne peut être en harmonie avec la vengeance froide et organisée du Talion, elle a donc été jusqu’à soutenir qu’il s’agissait du frère de la victime.

[12] Tel est bien le sens de la forme VIII ‘itadâ trop souvent confondue avec la forme V ta‘addâ qui elle signifie principalement outrepasser, transgresser. Néanmoins, comme aux versets 61 ; 65 ; 194, l’emploi coranique de ‘itadâ peut valoir pour transgresser.

[13] S5.V32. Ce verset se donne lui-même en référence de Mishna Sanhedrin.

[14] Notamment en prétextant que S5.V45 l’abrogeait. Nous avons vu que ce verset se présente lui-même comme étant une citation d’un commentaire de la Thora, ce qui en toute logique supposerait donc que la Thora puisse abroger le Coran !

[15] S17.V33.

[16] Cette réintroduction de la diya au détriment du texte coranique s’est accompagnée d’un développement de l’aspect discriminatoire initial en ajoutant à la ségrégation sociale la discrimination religieuse et sexiste. Ainsi, le prix du sang d’un homme libre musulman pourra-t-il être selon les juristes dix fois plus élevé que celui d’une chrétienne ou d’une juive.

[17] Par exemple, lorsque celui-ci tue le meurtrier après avoir perçu le prix du sang.

[18] Bien que les avis des commentateurs soient nombreux et divers, ils rejoignent au final la justification du Talion textuellement insérée dans la Thora : « Tu ôteras ainsi le mal du milieu de Toi [ô peuple d’Israël] et les autres en l’apprenant craindront et l’on ne commettra plus un acte aussi mauvais », Deutéronome XIX, 19-20.