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S1.V5

 

• V5 : « Toi Seul nous adorons et Toi Seul nous invoquons ! »

– D’un point de vue structurel, ce verset est le centre, le cœur de la Fâtiha, et il se caractérise par l’apparition du mode verbal, sur ce point voir S1.V1. Le verbe signe l’engagement, l’action de l’homme, et le choix des verbes « adorer/nous adorons » et « invoquer/nous invoquons » est ici prioritaire, il définit le rapport entre le Créateur et Sa créature, le Seigneur et Son vassal. La position axiale de ce verset souligne l’importance du message délivré qui, en son extrême concision, synthétise l’essence même de l’Appel coranique : l’unique adoration de l’unique Dieu. En ce verset, la syntaxe arabe est particulière et, en la particule interjective îyâ-ka, c’est par le pronom affixe « ka/Toi » qu’est représenté l’antécédent, celui à qui l’on s’adresse ici, c’est-à-dire l’Allocutaire divin. Les grammairiens de l’arabe soulignaient avec raison que cette particule avait pour fonction de faire porter l’attention sur le pronom qui lui était affixé. Nous relevons alors dans les trois versets précédents la présence de trois termes le qualifiant et pouvant faire l’objet d’une adoration : Dieu, le Tout miséricordieux, le Seigneur. C’est par ces trois aspects que Dieu est l’Être adoré/al–ma’bûd et, de fait, cette affirmation princeps essentielle est confirmée par le Coran où le verbe « adorer » sera uniquement afféré à ces trois qualificatifs et à nul autre. Ainsi, concernant l’adoration due à Dieu peut-on lire : « Dis : Il m’a été ordonné d’adorer Dieu en étant sincère pour Lui en la foi/ad–dîn. »[1] Pour l’adoration due au Seigneur : « Ô Hommes ! Adorez votre Seigneur, Lui qui vous a créés ainsi que vos prédécesseurs ; puissiez-vous craindre pieusement ! »[2] S’agissant de l’adoration du Tout-Miséricordieux : « Les adorateurs du Tout-Miséricordieux foulent la terre humblement et, lorsque les interpellent les ignorants, ils répondent : Paix ! »[3] En conséquence, l’on n’adore selon le Coran que Dieu, le Seigneur et le Tout-Miséricordieux.[4] Plus exactement, ce ne sont là que des noms, les représentants métonymiques d’une unique Réalité qui ne peut en soi être qualifiée et qui est le véritable objet de l’adoration, comme l’indiquent les seuls versets dérogeant à la règle précitée, ex. : « En vérité, Je suis Dieu, point d’autre déité que Moi, adore-moi ! … »[5] C’est donc l’unique Entité divine, l’unique déité : al–ilâh ou allâh,[6] que l’on adore par le biais de ces trois Noms.  Ceci justifie que pour l’interjection îyâ-ka[7] notre traduction fasse apparaître le caractère unique et isolé de l’Être adoré : « Toi Seul ! ». Conséquemment, dans le contexte de la Fâtiḥa, la signification en sera : « Ô Toi ! Seul Dieu, Seul Seigneur, Seul Tout-Miséricordieux, c’est à Toi, et à Toi seul, que je m’adresse », triple qualification et triple appel à l’Être Seul. Le « Toi Seul ! » renvoie ainsi à une pure monade : il ne peut exister qu’une Essence divine unique. Cette unicité principielle de Dieu/al–ulûhyya se traduit nécessairement par une unité d’être, l’Être.

– « Toi Seul nous adorons ». Le premier verbe énoncé par l’Homme en cette prière est donc adorer : « Toi Seul nous adorons ». L’unicité de l’être divin/al–ulûhyya implique obligatoirement, lorsque l’Homme le reconnaît en tant que son Seigneur, une relation de seigneurialité dite rubûbyya et donc une unité d’adoration ou ‘ubûdyya.[8] Tel est le message délivré par la Révélation, l’ensemble des missions prophétiques : « Nous n’avons dépêché avant toi [Muhammad] de Messagers sans que Nous ne lui ayons révélé qu’il n’y a d’autre déité que Moi, adorez-Moi. » Le verbe ‘abada et le français adorer ont le même sens premier : rendre un culte à une divinité, mais si en français adorer est initialement prier, adresser des suppliques, en arabe la racine ‘abada évoque étymologiquement le fait de tracer une piste à force de la fouler du pied, de là, on qualifia de ‘abd l’esclave asservi à ce type de tâche pénible et répétitive. Par suite, lorsque l’Arabe voulut indiquer qu’il prenait comme maître telle divinité, il s’en déclara le serviteur, l’esclave, et ‘abada signifia : se mettre au service d’une divinité. Se faisant, cet adorateur demandait en échange aide et protection, ce rapport tutélaire est bien celui du maître à l’esclave.[9] Mais, point essentiel, nous avons vu en S1.V2 que Dieu n’imposait pas à l’homme de servitude et le verbe ‘abada depuis son redéploiement coranique[10] signifie alors : se mettre volontairement et librement au service de Dieu.[11] Par ailleurs, le fait que pour des raisons historiques la racine ‘abada fasse de al–ibâda/l’adoration et de son nom verbal un ‘abd, terme signifiant aussi bien serviteur-adorateur qu’esclave, entretien une ambiguïté terminologique. Or, par cette proclamation : « Toi Seul nous adorons » le locuteur atteste non pas de son statut d’esclave, mais de celui de serviteur volontaire consacré à l’adoration de son Seigneur. Esclave, l’Homme l’est ontologiquement : « Nul de tous ceux qui sont en les cieux et la Terre qui ne vienne au Tout-Miséricordieux en esclave. »[12] Mais, en choisissant d’adorer intentionnellement Dieu, il quitte l’état d’asservissement/‘ubûda pour celui de servitude/‘ubûdyya, il sera alors coraniquement qualifié de ‘abd, terme qui ne signifiera plus esclave, mais, traduction par défaut, serviteur-adorateur, là réside sa noblesse: « Ô Mes serviteurs-adorateurs/‘ibâdî ! Nulle crainte pour vous ce Jour, et vous ne serez point affligés. »[13] Par suite, en notre verset, contextuellement et littéralement, déclarer « Toi Seul nous adorons » c’est dire : « Ô Seul Dieu, nous nous faisons librement Tes serviteurs-adorateurs, Toi notre seul Seigneur, Toi Seul le Tout-Miséricordieux.»[14] D’autre part, en ce colloque singulier, le pluriel  « nous adorons » se justifie de ce que Dieu est le Dieu de tous les hommes, le Seigneur de tous les hommes, le Tout-Miséricordieux pour tous les hommes,[15] aussi l’orant témoigne-t-il du fait que l’adoration Lui est due de la part de toutes les créatures conscientes : « Et Je n’ai créé le Djinn et l’Homme qu’afin qu’ils M’adorent. »[16] L’adoration est donc fondamentalement pour le Coran non point des actes rituels spécifiques, mais l’intention, l’élan qui porte le croyant vers Dieu. Ce n’est qu’en ses acceptions post-coraniques que ‘abada signifiera rendre un culte. Si l’adoration est ce qui porte l’homme vers Dieu, elle ne saurait par conséquent être une obligation divine imposée à Sa créature et, de plus, de saine logique, Dieu, Lui, n’a nul besoin d’être adoré : « Ceci du fait que leur parvenaient leurs Messagers avec de claires preuves et qu’ils dirent : Un simple mortel nous guiderait-il ?! Alors, ils dénièrent et se détournèrent. Mais Dieu n’a nul besoin d’eux, Dieu est celui qui Se suffit, Tout-de-Louange. »[17]

De même, l’adoration se doit d’être un principe universel, elle ne peut revêtir un aspect unique, ce ne peut être un rituel déterminé : « Ô croyants ! Inclinez-vous, prosternez-vous, et adorez votre Seigneur. Faites le bien…»[18] L’on note en ce verset que l’impératif « adorez votre Seigneur » est précédé de la préposition « et », ce qui implique que les deux gestes rituels cités : l’inclinaison et la prosternation, ne représentent pas l’adoration elle-même, l’adoration diffère donc intrinsèquement de la pratique d’un rituel établi. Aussi, l’adoration est-elle le sens, le mouvement interne qui préside aux formes d’adoration, les rituels ou pratiques, elle est la recherche du rapprochement de Dieu : « …prosterne-toi, et rapproche-toi ».[19] Ceci justifie primordialement que Dieu appelle de manière universelle l’Homme à l’adorer : « Ô Hommes ! Adorez votre Seigneur… »[20] L’adoration est une tension vers Dieu dont la finalité est clairement indiquée : « Et adore ton Seigneur jusqu’à ce que te parvienne la certitude »,[21] elle est au final la voie de la réalisation spirituelle : « …adorez votre Seigneur. Faites le bien ; puissiez-vous réussir spirituellement ! »[22]

– « Toi Seul nous invoquons ».  Par ces mots, toute forme de polythéisme est exclue. Nul pouvoir hormis Dieu, c’est donc à Dieu seul que nous nous adressons, à Lui seul que nous nous confions, de Lui seul que nous espérons. Généralement, le sens du verbe ista‘âna, forme X de la racine ‘âna, est traduit par demander secours, solliciter de l’aide, chercher de l’assistance.[23] Or, si tel est bien le cas en les trois autres occurrences coraniques de ce verbe,[24] en notre v5, et uniquement en celui-ci, le verbe ista‘âna est employé intransitivement, ce qui nécessairement entraîne une modification de sens qu’un verset de « Sourate Joseph » nous permet d’établir : « Ils maculèrent[25] sa tunique d’un autre sang. [Jacob] dit : Vraiment, vous ont suggéré vos âmes quelque affaire. Quelle grâce que l’abnégation ! Dieu est Celui que L’on invoque contre ce que vous décrivez ! »[26] En ce célèbre récit coranique, la remarque de Jacob : « Vraiment, vous ont suggéré vos âmes quelque affaire » laisse entendre qu’il ne croit pas la version des faits que lui présentent ses fils.[27] Cependant, il accepte l’épreuve voulue par Dieu, il ne demandera pas l’aide divine contre ses fils, cela n’aurait ici aucune signification, mais dira : « Dieu est le Seul que l’on invoque/al musta‘ânu face à la nouvelle que vous m’apportez. » Nous comprenons alors que selon ce particularisme coranique, le verbe ista‘âna peut signifier invoquer, d’où pour « îyâka nasta‘în » notre traduction : « Toi Seul nous invoquons ». Nous entendons par là le sens premier de invoquer : demander la grâce de Dieu, adresser des prières à Dieu, sens plus connoté abstraitement que concrètement. Autrement dit, il ne s’agit pas présentement en ce v5 de demander de l’aide à Dieu pour réaliser tel ou tel objectif de l’Ici-bas.[28] En effet, nous avons montré que par « Toi Seul nous adorons » l’adoration de la seule et unique Essence divine n’était due et possible que pour les trois attributs mentionnés en les quatre premiers versets : Dieu, le Seigneur, le Tout-Miséricordieux. Ainsi, du point de vue structurel, peut-on supposer que l’on invoquera ici Dieu en fonction des deux attributions manquantes : mâliki yawmi–dîn/Maître du Jour de la Rétribution, et ar–raḥîm/le Tout de miséricorde, c’est-à-dire en la perspective du Jour du Jugement et dans l’espoir de la Tout-Miséricorde de Dieu. Nous en trouvons confirmation dans l’invocation paradigmatique toute axée sur l’Au-delà qu’Abraham adressa à son Seigneur : « Seigneur ! Fais que j’observe la Prière ainsi que ma postérité. Ô notre Seigneur ! Agrée mon invocation. Ô notre Seigneur ! Pardonne-moi, ainsi qu’à mes parents et aux croyants le Jour où se tiendra le Compte. »[29] Aussi, lorsqu’en prière nous prononçons ces mots : « Toi Seul nous invoquons » nous perpétuons la supplique d’Abraham : « Ô notre Seigneur Tout de miséricorde pardonne-nous au Jour de la Rétribution ». Au final, L’analyse littérale aura vérifié que le v5 : « Toi Seul nous adorons et Toi Seul nous invoquons ! » est le véritable cœur de la Fâtiha, message de portée universelle précisant l’importance du lien entre la reconnaissance de Dieu, son acceptation en tant que Seigneur et l’adoration exprimant cette relation de seigneurialité. À l’image de la perspective d’ouverture prônée par la Fâtiha/l’Ouvrante, ce rapport fondamental est constitutif de la foi des êtres, unique il caractérise nécessairement l’ensemble des croyants sans tenir compte de leur appartenance ou non à une religion.

Dr al Ajamî

 

[1] S39.V11. Pour le sens du mot dîn en ce verset, voir notre thèse, pages 183-184 : https://tel.archives-ouvertes.fr/tel-01556492/document

[2] S2.V21.

[3] S25.V63.

[4] Suivant la même cohérence textuelle, nous signalerons que de manière remarquablement symétrique l’on ne se prosternera selon le Coran que devant Dieu : S53.V62 ; Le Seigneur : S22.V77 ; Le Tout-Miséricordieux : S25.V60. Pareillement, il ne sera mentionné le rapport de Dieu au Trône/al ‘arsh, que pour Dieu : S32.V4 ; Le Seigneur : S23.V86 ; Le Tout-Miséricordieux : S20.V5. De manière toujours aussi rigoureuse, l’on ne retrouve un énoncé très spécifique qu’à trois reprises, et ce, que pour ces trois qualificatifs : qul huwa allâh/Dis : Lui, Dieu, S112.V1 ; qul huwa rabbî/Dis : Lui, mon Seigneur, S13.V30 ; qul huwa ar-raḥmân/Dis : Lui, le Tout-Miséricordieux, S67.V29. L’on notera la position particulière du pronom de l’ipséité « huwa/Lui », jouant sémantiquement un rôle de pro-nom, huwa étant alors comme le représentant ontologique de ces “noms”.

[5] S20.V14.

[6] Le Nom Allâh est obtenu par contraction de l’article « al » et du substantif ilâh/déité, soit : la déité par excellence et, plus encore, l’unique déité. Le terme ilâh prononcé aussi ilah n’est sans doute pas dérivé de la racine arabe alaha comme on le suppose régulièrement, au contraire, il semble que ce verbe signifiant adorer un dieu, accorder la protection, être stupéfait, soit construit à partir de ilâh, antique terme sémitique anciennement intégré à l’arabe et désignant une divinité que l’on adorait. Dans le Coran, le mot ilâh ou son pluriel âliha ont pour sens dieu, divinité, lorsqu’ils indiquent les idoles des polythéistes, mais en ce type de verset attestant de l’unicité de Dieu ce n’est point l’inexistence de divinités en tant qu’entité matérielle qui est concernée, puisqu’elles existent par le fait qu’elles sont adorées, mais l’impossibilité de leur existence en tant qu’entité d’essence divine. Il est donc plus approprié, pour marquer la différence, de traduire ilâh par déité au sens de caractéristique du divin et l’attestation de l’unicité divine lâ ilâha illâ–llâh se comprend comme signifiant : il n’y a point d’autre déité que Dieu ou, plus exactement : nulle déité possible si ce n’est celle de Dieu.

[7] Il demeure impossible de restituer en français la puissance évocatrice de la locution îyâka, simple et directe surgissant tel un cri et qui de l’homme s’élève en prière vers Dieu. La particule îyâ sera donc l’élan de cet appel. Elle n’a pas en soi d’étymologie, mais, comme nombre de ces particules interjectives de l’arabe, elle s’inscrit dans les mots premiers, les onomatopées. En tout état de cause, l’on y distingue le son « iy » qui sert à construire l’affirmatif et le son «  » plus ouvert et qui exprime le vocatif. Ainsi, îyâ est-il à la fois interjectif, affirmatif et vocatif, ce qui lui confère une forte valeur d’interpellation, cela est si vrai que îyâ-ka signifie aussi : prends garde à toi.

[8] Nous ferons remarquer que les termes ulûhyya, rubûbyya et ‘ubûdyya, tous trois non coraniques, sont ici compris selon leur signification étymologique et non pas en fonction des sens que les disputations scolastiques lui donnèrent au fil des siècles. La réactivation contemporaine des divisions du tawḥîd n’a de fait aucun support coranique, mais avait pour but, notamment sous la plume de Ibn Taymyya, de pouvoir anathémiser les Mongols et leurs alliés au pouvoir qu’il estimait être non réellement islamisés et, par voie de conséquence, de déclarer contre eux le jihâd…

[9] Cf. S1.V3.

[10] Il s’agit bien d’un néologisme coranique à partir des matériaux linguistiques concrets propres à la langue arabe. Le Coran procède régulièrement ainsi pour créer le vocabulaire conceptuel lui étant nécessaire, l’arabe pré-coranique en étant dépourvu, cf. Analyse lexicale.

[11] Cf. S1.V2.

[12] S19.V93.

[13] S43.V68.

[14] Il s’agit d’une différence notable d’avec le Pater noster que l’islamologie se plaît à supposer être le modèle de la Fâtiha. En cette thématique de l’adoration, nous sommes fort loin du Notre Père et du rapport de bienveillance envisagé entre le “Père” et ses enfants pécheurs. Nous signalerons d’autres différences, si ce n’est divergences, plus avant.

[15] Respectivement : S114.V3 ; S4.V1 ; S78.V37-38.

[16] S51.V56.

[17] S64.V6.

[18] S22.V77.

[19] S96.V19.

[20] S2.V21.

[21] S15.V99.

[22] S22.V77. Le verbe aflaḥa signifie avoir du bonheur, du succès, prospérer. Dans le Coran, il est toujours employé en des contextes qui lui donnent le sens de réussite spirituelle ou de réussite en l’Au-delà.

[23] Étymologiquement, ‘âna évoque le fait d’être en une situation intermédiaire ou un âge moyen comme en témoigne une des caractéristiques de la génisse à sacrifier, Cf. S2.V68. De là : être dans la force de l’âge et donc pouvoir prêter secours, assister, fournir de l’aide/‘awn.

[24] En dehors du v5, le verbe ista‘âna n’apparaît effectivement qu’à trois reprises dans le Coran. La première a trait à un des aspects majeurs de la relation à Dieu : la confiance en Dieu : « Moïse dit à son peuple : Ayez confiance en Dieu/ista‘înû bi-llâhi et endurez… », S7.V128. Notre traduction « Ayez confiance en Dieu » met en avant pour ista‘âna une variation de sens imposée par le contexte. En effet, au v127 est mentionnée l’oppression que Pharaon va exercer sur le peuple de Moïse et au v129 ceux-ci manifestent leur désespoir quant à la situation et, se défiant de l’utilité de l’intervention de Moïse, ils expriment leur désespérance de Dieu. A ce doute, Moïse ne peut donc pas répondre : « ne cherchez assistance qu’en Dieu », mais il tentera de le rassurer en leur disant  « ayez confiance en Dieu », car « …il se peut que votre Seigneur anéantisse votre ennemi et vous choisisse comme successeurs sur Terre… », v129. En les deux autres occurrences, proches littéralement, l’usage coranique est conforme au schéma de sens classique : « Ô vous qui croyez ! Cherchez de l’aide en la constance/ista‘înû bi-ṣabri] et en la prière, car Dieu est avec ceux qui sont assidus. », S2.V153. Idem donc en S2.V45. En ces versets nous avons indiqué l’usage transitif du verbe ista‘âna par la médiation de la préposition « bi » : bi-ṣabri ; bi-llâhi, emploi qui justifie les significations données.

[25] Ce verbe n’est pas ajouté à la traduction, mais provient des particularités de sens liées à l’emploi prépositionnel « jâ’û ‘alâ » en ce verset en lieu et place de « jâ’û ilâ ».

[26] S12.V18.

[27] Le début de cette sourate, vs 4-6, indique que Jacob a compris la signification du rêve de Joseph, il sait donc que celui-ci restera vivant jusqu’à sa pleine maturité, en conséquence de quoi il ne prête pas foi au fait que ses fils affirment que Joseph a été dévoré par un loup.

[28] C’est pourtant ce que l’Exégèse soutient. Ce faisant, elle introduit une relation matérialiste à Dieu et, de ce fait, rejoint le modèle du Notre Père : « Donne-nous aujourd’hui notre pain quotidien ».

[29] S14.V40-41.